Michel Adjaka s’interroge sur l’Etat de virginité de la démocratie béninoise

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Par : Is-Deen O. TIDJANI

Les dernières déclarations faite par l’honorable Rosine V. Soglo au parlement lors de la plénière devant approuvée le rapport de la commission des lois au sujet du projet de révision de la constitution béninoise du 11 décembre 1990, continuent de faire réfléchir des citoyens béninois. Après avoir entendu les aveux fracassants de la doyenne d’âge du parlement béninois, les compatriotes se demandent ce qui arrive à notre pays. Au nombre de ceux qui s’interrogent sur l’état d’esprit de la démocratie, figure en bonne place le juge Michel Adjaka, Président de l’union nationale des magistrats du bénin (UNAMAB). Dans un billet digne d’un réquisitoire qu’il vient de publier sur sa page facebook, l’homme de droit se pose la question de savoir si la démocratie béninoise est-elle profanée ? Nous vous invitons à lire sa réflexion sur le sujet.

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DÉNONCIATION D’ACHAT DE CONSCIENCES DE DÉPUTÉS POUR RÉVISER LA CONSTITUTION: LA DÉMOCRATIE BENINOISE A-T-ELLE ETE PROFANÉE ?

Au cours des débats du 04 avril 2017 en plénière, à l’Assemblée nationale au sujet du vote de la recevabilité du projet de loi portant révision de la Constitution du 11 décembre 1990, la députée Rosine SOGLO, appréciant les interventions de ses collègues s’étonna et révéla ce qui suit: « …Vous venez mentir ici et dire le contraire de ce que le peuple vous a dit. Ça, ce n’est pas bien. « E gnon a ». Ce n’est pas bien du tout…Nous savons ce que le peuple vous a dit….C’est votre droit le plus absolu de voter pour, mais ne venez pas altérer la vérité….Notre libre arbitre a été altéré par l’achat massif de notre conscience et je comprends que c’est ça qui a pris le dessus. Et votons, votons et gnagnagna et gnagnagna…Les quelques millions que nous avons reçus ont pris le dessus sur tout le reste. Alors votons et n’en parlons plus…Car moi aussi, j’ai reçu de l’argent; tout le monde ici; et vous n’allez pas me dire le contraire…» Comment des millions peuvent-ils incliner des élus du peuple à réviser la Constitution du 11 décembre 1990 ?

De l’histoire des deux télécommandes non vertueuses, nous en sommes maintenant à des dénonciations en plénière. Il est tant que la justice s’intéresse à ce « marché » d’acquisition de consciences de députés.

Dans un État de droit, chaque institution doit jouer sa partition. 

Le parquet de Porto-Novo doit jouer la sienne en s’auto-saissant de ses dénonciations de madame SOGLO afin de clarifier cette affaire d’acquisition de consciences d’élus du peuple au palais des gouverneurs.

Nous devons savoir si oui ou non il y a eu achat de consciences de députés pour réviser notre constitution ? Si oui, qui en sont les commanditaires ? Quels sont les députés dont la conscience a fait l’objet de la loi de l’offre et de la demande?

Quel est le prix du mercato par député ?

En attendant cette clarification, une messe d’actions de grâce s’impose pour dire merci à Dieu pour avoir aidé la Constitution du 11 décembre 1990 à échapper à une révision sur fond de suspicions.

Longue vie à toi Constitution béninoise.

Tu as terrassé les présidents KEREKOU et YAYI.

Tu viens de révéler au président TALON ta résistance et ta combativité.
Que le ciel te donne de vaincre encore d’autres présidents de la République.

AMEN

Michel ADJAKA

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