Bénin : A quand la retraite de la vieille classe politique ?

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Par : Mathieu DAHANDE

Source : Journal «Le Clairon»

Dans nombre de pays de par le monde, la gestion de la cité est aux mains des plus jeunes à qui les anciens ont passé le témoin dans la douceur. Mais au Bénin, la transition peine à prendre. On continue d’évoquer la thèse d’une jeunesse incapable, inexpérimentée et mal préparée pour assurer une relève de qualité pour mettre les jeunes de côté dans la direction des affaires publiques. La conséquence, c’est que depuis 1960, des noms sont cités dans l’animation de la vie politique qui le sont encore aujourd’hui, soit plus de cinquante ans après. Des gens qui ont pris part en qualité de dirigeants à la conférence des forces vives de février 1990 continuent encore de diriger les choses au Bénin 27 ans après cet évènement. Albert Tévoèdjrè, Bruno Amoussou, Adrien Houngbédji, Rosine Soglo, pour ne citer que ces quelques-uns ont connu tous les régimes politiques depuis  l’avènement du renouveau démocratique mais ils siègent encore à la 7ème législature. Certains des dirigeants actuels ou des influents sur la scène politiques ont fini les trente années normales de carrière et broute déjà dans leur retraite. Mais ils ne veulent pas laisser la place aux plus jeunes. Et comme si cela était un exemple, le gouvernent actuel vient de prolonger l’âge de départ à la retraite dans la fonction publique. Le phénomène est si encré qu’il sert désormais de motif de chantage politique aux jeunes :  » si vous votez pour moi je vais faire la promotion de la jeunesse « . On va jusqu’à fixer des pourcentages de jeunes à nommer dans les instante de prise de décision. Pendant ce temps, dans les pays qui nous entourent, le passage de flambeau à la jeunesse est systématique.

Quel exemple suit le Bénin ?

Les grandes démocraties que nous évoquons souvent ne sont plus à ce niveau. Et même des démocraties plus jeunes que nous ont compris la leçon. Le Sénégal avec son actuel président est un cas palpable. Le Togo et le Congo Brazzaville aussi sont des pistes même si dans ces pays le passage a été forcé. En France la génération Mitérand a laissé place à celle de Chirac qui sans chercher à s’éterniser a passé la balle à d’autres plus jeunes, Sarkosy et Hollande qui l’ont maintenant transmis à Macron 39 ans. Lorsqu’on voit du côté des Etats-Unis, les Bush sont partis et abandonné les affaires publiques aux moins âgés (Obama). Je ne veux pas citer les cas de la Corée du  nord, du Canada et autres. On se demande donc quel exemple le Bénin suit.

Les jeunes doivent prendre leur destin en main

Dans les conditions actuelles, il est clair que les anciens ne veulent pas quitter les choses. Alors il faut que les choses les quittent. Et dans ce cas c’est à la jeunesse qu’il revient de jouer le jeu. Il faut que les jeunes béninois s’organise à la manière des Burkinabès même si ceux-là ont offert après leur combat le pouvoir à un moins jeune. La jeunesse doit cesser d’être un champ dans lequel tout le monde vient récolter pour son grenier sans jamais penser l’entretenir. Une révolution s’impose dans ce sens.

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