Bénin : Des sanctions administratives et judiciaires contre ceux qui ont détourné des fonds à l’ONASA et à la SONAPRA

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Par : Is-Deen O. TIDJANI

Source : BOULEVARD DES INFOS

Les responsables à divers niveaux ayant eu à gérer de façon peu orthodoxe des fonds à l’ONASA et à la SONAPRA courant la période 2012 à 2016, ont des soucis à se faire. Le gouvernement du Président Patrice Talon, au terme du conseil des ministres de ce mercredi 28 Juin 2017, a décidé de les poursuivre pour divers actes de détournement de fonds dont ils seraient les auteurs.

Il s’agit d’une part de ceux qui ont géré la filière coton durant les campagnes 2013-2014, 2014-2015 et 2015-2016 pour le compte de la SONAPRA, d’une part, et d’autre part, de ceux qui ont géré les fonds mis à la disposition de l’ONASA au titre des opérations de sécurité alimentaire (2012 à 2015).

Pour le premier cas, (celui de la SONAPRA, ndlr), le Cabinet MAZARS avait été sélectionné par le gouvernement en 2016 pour effectuer l’audit organisationnel, technique et financier de la filière Coton au Bénin, au titre des campagnes 2013-2014, 2014-2015 et 2015-2016. La mission a également porté sur l’audit de gestion de la Société Nationale pour la Promotion Agricole (SONAPRA) et de la Centrale d’Achat des Intrants Agricoles (CAIA).

Ladite mission a été exécutée conformément aux normes et procédures convenues dans les termes de référence. Les conclusions provisoires tirées de l’exploitation des données disponibles ont été communiquées aux dirigeants de ces structures pendant les périodes concernées. Ces derniers ont fait part de leurs observations avant la transmission de la version finale des rapports à la Présidence de la République.

De ce rapport ainsi transmis, il se révèle que de graves malversations ont été commises par les personnes concernées, avec des manques à gagner très importants pour le Trésor public.

Dans le second cas ayant rapport à l’ONASA, le Gouvernement avait également mandaté un cabinet indépendant, en l’occurrence le Cabinet ExCCA, pour vérifier la gestion des fonds mis à la disposition de l’Office National d’Appui à la sécurité alimentaire (ONASA), sur la période 2012 à 2015, au titre des différentes éditions de l’Opération dénommées « Solidarité Nationale pour la sécurité alimentaire (SNSA)». La mission couvrait également la vérification de la gestion des recettes issues de la commercialisation des dons de riz japonais. Au terme de cet audit, le rapport déposé et transmis à la présidence de la République révèle de graves irrégularités ayant causé d’énormes préjudices à l’Etat. Se fondant sur ces différents rapports, le gouvernement du président Patrice Talon au terme du Conseil des Ministres de ce Mercredi 28 Juin 2017, a décidé d’enclencher des poursuites judiciaires contre les mis en cause.

Dans cette droite ligne, le conseil des ministres a demandé au Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche et au Ministre du Travail, de la Fonction Publique et des Affaires Sociales, de prendre les mesures appropriées aux fins des sanctions disciplinaires requises contre les agents de l’Etat concernés. S’agissant de l’ONASA, le Conseil a décidé de faire prendre les sanctions disciplinaires contre les agents de l’Etat mis en cause. Les ministres sont par ailleurs instruits de faire prendre des mesures de saisie conservatoire pour assurer le remboursement, par les dirigeants de l’Office et leurs complices, les sommes indument perçues ou non reversées au Trésor public aux termes des différentes éditions de l’Opération «Solidarité Nationale pour la Sécurité Alimentaire (SNSA)>>.

Le gouvernement veut aller plus loin !

La bonne gouvernance, et la lutte contre l’impunité sont en bonne voie en République du Bénin. C’est du moins ce que l’on est tenté de dire avec ce qui se dessine. L’on attendait les résultats des audits, le gouvernement vient d’enclencher le processus de leur publication. Et pour preuve, il vient de jouer sa partition en saisissant la justice pour connaître de ces différents dossiers. D’autres dossiers dont les auteurs seront reconnus fautifs, suivront certainement.

Le chef de l’Etat ne doit pas se laisser intimider. Il veut rester ferme dans sa détermination à voir clair dans ces dossiers, pour que les innocents soient blanchis et que les coupables soient sanctionnés.

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