Togo : Les raisons du retrait de l’accréditation à la correspondante de TV5 Monde

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(Emmanuelle Sodji est plus une militante de l’opposition togolaise que journaliste)

Par : Amir NABIL

Au lendemain des manifestations violentes de l’opposition au Togo, Emmanuelle Sodji postait sur twitter « la chasse à l’homme rouge » pour évoquer l’arrestation des auteurs de troubles à l’ordre public et autres actes de vandalisme commis sur des biens publics. Ce twitte ne venait que corroborer son militantisme au sein de l’opposition. Et son militantisme, elle ne le cachait pas et le laissait clairement constater dans ses productions médiatiques à sens unique ou biaisées au profit de l’opposition. Et cela aura suffit aux autorités compétentes du Togo pour prendre leurs responsabilités.

En effet, après plusieurs récidives et les multiples rappels à l’ordre des autorités compétentes togolaises invitant cette dernière à respecter les règles déontologiques, elle ne pouvait logiquement que se voir retirer son accréditation pour laisser la place à un journaliste plus professionnel, respectant les exigences basiques d’équilibre dans le traitement de l’information, principe sacro saint de tout média digne de ce nom. Mais depuis le retrait de l’accréditation à la consœur Sodji, des commentaires fusent et font état de ce que le gouvernement togolais tenterait de restreindre les libertés d’expression.

Il est vrai qu’on ne peut lui interdire sa profonde intimité avec l’opposant Jean-Pierre Fabre, intimité également connue de l’opinion publique et qui date d’avant la présidentielle de 2015. Mais de là à bafouer les règles élémentaires de sa profession, engage la responsabilité entière des chaînes internationales qui l’emploient et diffusent ses éléments audiovisuels dont la partialité est établi.

Les raisons qui justifient le retrait de l’accréditation à Emmanuelle Sodji !

La correspondante de France 24 et TV5 au Togo versait sans gêne dans la légèreté dans le traitement des informations. En ces temps particuliers de tension politique qui n’épargne aucun pays dans son histoire, l’activisme d’Emmanuelle Sodji s’est amplifié, avec des reportages à la limite tronqués, des images exploitées à dessein, des chiffres exagérés au profit de l’opposition sans prendre la peine de les juxtaposer avec ceux des sources policières chargées d’encadrer les différentes manifestations. Et ce, comme cela se fait habituellement dans le monde entier y compris en France.

Lorsqu’un reportage relaie les chiffres indiqués par les manifestants, il annonce à côté aussi les statistiques des sources policières ou du gouvernement. Mais tel n’a pas été malheureusement le cas dans le reportage de la consœur Emmanuelle Sodji.

Mais contre toute attente, France 24 mentionne en titrage « 100.000 personnes selon Amnesty » sans nuancer que la section togolaise d’Amnesty est dirigée par des personnalités membres de l’opposition.

Relevons également que pour la dernière opération « ville morte » annoncée par l’opposition, alors que les activités s’étaient déroulées normalement à Lomé, les images prises très tôt le matin à 6 heures, avant l’ouverture des magasins, images prises par France 24 et TV5, sous la houlette de leur correspondante, montraient des rues désertes, avec des commentaires triomphalistes présentant l’opération comme « une totale réussite ».

S’agissant des violences du 19 août 2017, le commissariat incendié, les véhicules de police et de particuliers brûlés, les militaires battus et molestés à sang, traînés à même le sol et les armes brandies par des manifestants de l’opposition n’ont pas intéressés la journaliste Emmanuelle Sodji qui jugeait utile de montrer une image saine de son camp (l’opposition).

Et quand le 29 août 2017, le parti au pouvoir UNIR marche en drainant une foule immense que d’aucuns qualifient d’inhabituelle et jamais vu au Togo, marchant pacifiquement pour la paix, France 24 dans son reportage, n’a fait qu’un traitement sous forme de « brève », cest-à-dire un commentaire sur images furtives durant à peine 30 secondes. Mais Emmanuelle Sodji était surtout intéressée par le procès des militants de l’opposition ayant commis des actes de vandalisme, lequel procès se tenait le même jour.

Mais par magie, le 6 Septembre 2017, l’opposition marche à nouveau et la correspondante est encore très active dans ses reportages au profit de « ses amis politiques ». Dans une rue qui ne peut guère compter plus de 10.000 personnes, Emmanuelle Sodji, a dénombré 100.000 marcheurs. Et comme pour simuler un équilibre, la journaliste Sodji se contente de montrer un petit attroupement en fin de meeting de la mouvance dans sa chute, en lieu et place de la foule, et d’un reportage équitable pour les manifestants des deux bords. Elle s’est donc à dessein investie à montrer un espace clairsemé qui a été diffusé sur france 24 qui ne croise même pas avant diffusion les informations manipulées que lui remonte sa correspondante en mission commandée.

De même, alors que sa hiérarchie avait accepté un droit de réponse sur un sujet sur TV5 Monde après l’interview accordée à l’opposant Tikpi Atchadam, Emmanuelle Sodji, se refuse de s’exécuter. TV5 a dû recourir à une autre approche pour obtenir le droit de réponse du gouvernement.

La démarche pédagogique des autorités togolaises

Cet égarement professionnel de la journaliste a été signalé par le gouvernement de la République togolaise à travers diverses initiatives, notamment une seance de travail convoquée par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de Communication (HAAC) avec les correspondants des chaînes internationales accrédités au Togo, ainsi que différents courriers adressés à la Présidente Directrice générale de la télévision France 24 et au Directeur Afrique de TV5. Mais rien n’y fit.
Les autorités Gouvernementales non plus ne sont restées sans essayer d’appeler l’attention des deux chaînes et de leur correspondante au respects des normes élémentaires du journalisme. Ainsi le Ministre en charge de la sécurité a, par diverses initiatives non seulement mis à la disposition de la correspondante les informations crédibles et preuves tangibles sur les événements dont elle avait tronqué le relais. Plusieurs communiqués émanant du gouvernement rappelaient les mêmes obligations.

Mieux, le ministre de la communication a saisi par courriers, les directions générales des chaînes de plaintes sur les mêmes faits espérant que pour les occasions à suivre, les reportages gagneraient en crédibilité et en respect des normes. Mais c’est alors que le traitement de l’information sur les événements du 06 septembre dernier s’est révélé encore plus déséquilibré.

Emmanuelle Sodji s’était trop engagée pour la cause de l’opposition au détriment du professionnalisme. Le minimum qui lui était demandé, c’était le respect des faits. Ce dont elle était incapable.

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