4ème anniversaire de son assassinat manqué : « Je souhaite vivement que la vérité soit connue dans cette affaire » dixit Martin Assogba  

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Le Samedi 09 décembre 2017, marquait le quatrième anniversaire de l’assassinat manqué du Président de l’ONG ALCRER, Martin Assogba. À l’occasion de ce douloureux événement, l’homme qui se bat de toutes ses forces contre les inégalités s’est prononcé sur cette affaire qui continue de susciter de nombreuses interrogations. Dans les lignes qui suivent, l’acteur de la Société civile en séjour en France depuis le 27 novembre dernier pour des soins, souhaité que les autorités compétentes de son pays retrouvent les auteurs de ce crime.  » la justice doit élucider cette affaire » dont il est convaincu qu’elle est est en lien avec ses prises de position sur les questions de Droits de l’homme et de bonne gouvernance notamment de la lutte contre la corruption au Bénin. Nous vous invitons à lire cet entretien exclusif accordé à nos confrères du www.boulevard-des-infos.com et du journal Droits Humains Infos.

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Boulevard des Infos : Dans la nuit du 09 décembre 2016, vous avez échappé à une tentative d’assassinat qui reste jusqu’à ce jour non encore élucidée. Comment vous portez-vous quatre ans après ce malheureux événement ?

Martin Assogba : Quatre ans après, je remercie le Seigneur, le Dieu tout puissant parce que, si c’était la volonté de ces assaillants le 09 décembre 2016, si leur volonté était accomplie, vous ne pourriez pas me poser cette question-là aujourd’hui. Parce que je serai déjà enseveli et ma chair aurait abandonnée les os de mon corps et je ne serais devenu qu’un squelette. Mais, Dieu n’a pas voulu qu’il en soit ainsi parce que j’ai la conviction que ce que je fais depuis, c’est Dieu même qui a voulu que je le fasse et c’est pour cela que je n’ai pas pu être tué le 09 décembre 2013. Je vous dis que ce jour-là, heureusement que mon chauffeur a été très vigilant. Autrement dit, si on ne passait pas dans une ruelle et que c’était dans une grande rue, où mes agresseurs réclamaient la droite pour pouvoir me fusiller directement dans la figure à partir de l’endroit où je m’assois, ils auraient atteint leur objectif parce qu’ils ont utilisé une arme perfectionnée mais de fabrication artisanale. Car les enquêtes balistiques sur les lieux ont révélé qu’ils avaient mis deux cartouches dans leur fusil artisanal mais perfectionné. On a retrouvé après huit plombs que moi j’ai reçu dans le corps. On en a retiré six (06) et il en reste toujours deux (02) et on en a retrouvé cinquante-deux (52) dans mon véhicule sans compter tout ce qui a été dispersé dans la nature. Je puis vous dire que j’ai des séquelles de ces plombs dans le corps qui dégagent de la chaleur et qui me donnent des fourmillements, des vertiges et qui ont attaqué mon bras gauche du côté où se trouvent les plombs et mon oreille gauche. Et les nerfs qui se trouvent dans ma nuque, se réchauffent régulièrement. Voilà mon état de santé aujourd’hui quatre ans après cette attaque.

Après toutes ces années, l’opinion publique a l’impression que la justice a classé le dossier relatif à votre assassinat manqué. Où en est l’enqête dans cette affaire d’assassinat manqué ?

Malheureusement, l’enquête n’a jamais évolué. Il n’y a pas eu de justice encore puisque quatre ans après, je suis toujours dans le flou. Je ne peux pas vous dire avec précision qui a tiré sur moi et pourquoi il l’a fait, est-ce que c’est de sa propre volonté ?, Est-ce qu’il a été commandité ? S’il a été commandité, quels en sont les chefs d’accusation pour qu’il vienne m’agresser ? Je ne peux pas vous le dire. Donc, je profite de votre canal pour demander à ce que les autorités en place puissent faire la lumière sur ce dossier dormant depuis le 09 décembre 2013 au niveau d’Abomey-Calavi.

Pensez-vous quatre années après, que la lumière sera faite un jour dans l’Affaire dite Martin Assogba ?

Je veux d’abord remercier celles et ceux qui se sont manifestés en ma faveur et qui ont estimé qu’on ne peut pas agresser impunément un défenseur des droits de l’homme qui ne dit que ce qu’il voit, que ce qu’il pense et que ce qui se passe. Mais, à côté de ça, il y a naturellement certains qui applaudissent et qui sont mécontents du fait que je ne sois pas mort. Et là, j’ai des preuves de ce que je dis. Je remercie donc toutes ces personnes qui se sont apitoyées sur mon sort et je pardonne à ceux-là qui criaient victoire par rapport à ce qui m’était arrivé. Mais, je dis que tôt ou tard, on aura la réponse à mes questions par rapport à ceux qui ont voulu attenter à ma vie. Je souhaite vivement que la vérité soit connue dans cette affaire pour que d’autres personnes ne cherchent pas à ôter la vie à d’autres paisibles citoyens qui s’investissent dans la défense des droits de l’homme. J’insiste et je demande aux dirigeants actuels de notre pays de faire en sorte que ce dossier soit dépoussiéré et qu’on puisse commencer à faire réellement les enquêtes. Ces autorités doivent se mettre en idée qu’on doit clarifier cette affaire née en raison de mes opinions sur la question des droits de l’homme, de bonne gouvernance à travers la lutte contre la corruption mais aussi mon opposition à la volonté de certains compatriotes de modifier de façon opportuniste notre constitution à des fins personnelles. C’est leur devoir et je reste confiant que ce dossier connaîtra un aboutissement un jour.

Réalisée par : Jean-Claude DOSSA(Droits Humains Infos)

& Is-Deen O. TIDJANI (www.boulevard-des-infos.com)

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