#UnTricyclePourZadi, la campagne d’une blogueuse ivoirienne pour alerter sur le handicap

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« Il aurait pu faire la manche. Mais demander la charité est hors de question pour Zadi, lui qui a perdu la moitié de sa mobilité ». C’est par ces mots que la blogueuse ivoirienne Rita Dro dresse le portrait de Zadi, un jeune hémiplégique d’Abidjan qui passe ses journées à collecter les ordures ménagères dans le quartier d’Akouédo. Touchée par ses conditions de travail et son handicap, elle a lancé une campagne sur Internet pour financer l’achat de nouveau matériel. Ce qui s’apprête à changer la vie du jeune homme.

La campagne baptisée #UnTricyclePourZadi a été lancée début décembre par Rita Dro, qui tient le blog « Droville » dans lequel elle dresse régulièrement le portrait de « travailleurs invisibles » et parfois méconnus de la société ivoirienne. Elle a tenu à venir en aide à Zadi, dont la moitié du corps est paralysée depuis la naissance.

« Sa famille l’a d’abord incité à mendier, mais il a très vite arrêté : il voulait être utile à la société » 

Nous habitons le même quartier à Akouédo, et depuis cinq ans, je le vois s’activer avec sa charrette pour ramasser les ordures ménagères comme cela se fait souvent. Dans certains quartiers, les camions de ramassage des poubelles ne peuvent pas passer, et nous devons compter sur des personnes comme Zadi pour collecter les ordures et aller les jeter dans les bennes à ordures. Il gagne 1 000 francs CFA par maison (environ 1,50 euros). Zadi est handicapé depuis la naissance. À cause de cela, il n’a pas pu aller à l’école, et ne peut pas non plus trouver de travail. Il est aujourd’hui son propre patron et collecte trois fois par jour, à son rythme, les déchets. J’admire son courage.

Rita Dro avec Zadi à Akouédo.

Il n’a pas vraiment de matériel : il ramasse les ordures à mains nues. Sa charrette commence vraiment à être dans un mauvais état. Elle n’est pas adaptée à son handicap : il doit la tenir à une main et porter les ordures à bout de bras. Je me suis donc dit : pourquoi ne pas lancer une opération pour lui offrir un tricycle avec une remorque ?

Ce type de tricycle motorisé avec une remorque coûte environ 1 million de francs CFA (soit 1 500 euros).  Nous avons été contactés par beaucoup de personnes qui nous ont fait des promesses, mais qui pour l’instant n’ont pas eu de suite.

La campagne a fini par porter ses fruits : 200 000 francs CFA ont été collectés, puis le président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro a complété le tout. De sorte que Zadi pourra avoir un nouveau tricycle ce mercredi 20 décembre.

C’est l’une de mes plus belle victoires. Venir en aide à quelqu’un qui le mérite, c’est gratifiant. Ça montre que les réseaux sociaux comptent. Zadi n’est qu’un exemple de ces jeunes qui ont un handicap, qui n’ont pas pu aller à l’école, mais qui se battent pour ne pas rester à rien à faire [officiellement, il y aurait près de 450 000 personnes handicapées en Côte d’Ivoire ; selon le directeur de la Direction pour la promotion des handicapés, entre 60 à 65 % des handicapés ivoiriens sont au chômage, NDLR]. Je trouve que ces personnes sont très peu valorisées médiatiquement et que nos décideurs s’intéressent plus aux experts ou aux entrepreneurs qui investissent à coups de millions qu’à ces personnes qui créent aussi de la richesse par leur courage.

En 2015, le code du travail de la Côte d’Ivoire a été révisé pour y ajouter un paragraphe à l’intégration des personnes handicapées dans le secteur privé, avec des mesures incitatives prévoyant des quotas d’embauche. Pour l’instant, le décret devant valider ce nouveau code du travail n’a pas encore été adopté par la présidence ivoirienne.

Vous voulez contacter notre Observatrice pour aider Zadi ? Envoyez-nous un mail à obsengages@france24.com ou contacter Rita directement aux numéros indiqués sur la campagne !
Cet article est est une REPUBLICATION. Elle a été prise sur le site : http://observers.france24.com/fr/20171212-untricyclepourzadi-campagne-blogueuse-ivoirienne-alerter-handicap

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