Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines : « Il faut continuer le combat » dixit Me Huguette BOKPE GNACADJA

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Encourager l’abandon des mutilations génitales féminines. C’est l’objectif primordial de la journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines célébrée chaque 06 février. Me Huguette BOKPE GNACADJA, coordonnatrice de Wildaf Bénin estime que beaucoup reste à faire dans ce cadre. 

Par : Esther TOFFA

Reconnues sur le plan mondial comme une violation aux droits fondamentaux de la fille et de la femme, les mutilations génitales féminines (MGF) représentent l’ensemble des interventions consistant à altérer les organes génitaux de la jeune femme à des fins non médicales. Il existe trois types de MGF à savoir l’excision du prépuce avec ou sans excision partielle ou totale du clitoris, l’excision du clitoris avec excision partielle ou totale des petites lèvres et l’excision partielle ou totale des organes génitaux externes et rétrécissement de l’orifice vaginal (infibulation). Mais aussi les autres pratiques non classées telles que le percement ou l’incision du clitoris et/ou des petites lèvres, la cautérisation, le grattage ou l’ablation de tissus vaginaux, etc.

Plusieurs activités dont un atelier régional en avril 2017 ont été menées par Wildaf Bénin dans le cadre de la lutte contre ce fléau à en croire Me Huguette BOKPE GNACADJA, coordonnatrice de Wildaf Bénin, un réseau qui œuvre pour la défense et la promotion des droits fondamentaux des filles et des femmes.

De 17% en 2002, 12% en 2012, le taux de mutilations génitales féminines est passé à 7% en 2015. Des chiffres qui ne laissent pas indifférente la coordonnatrice de Wildaf qui a estimé qu’il faut continuer le combat. Le Bénin dispose depuis mars 2003, d’une loi réprimant les mutilations génitales féminines. Cette loi prévoit des peines d’emprisonnement de six mois à trois ans pour les personnes pratiquant les MGF, ainsi que des amendes pouvant atteindre 2 millions de FCFA. Lorsque l’intervention entraîne la mort des victimes, les peines passent de 5 à 20 ans d’emprisonnement et de trois à six millions de FCFA d’amende. Et la non dénonciation est punie d’une amende de 50mille à 100mille FCFA. Une loi dont l’application est hésitante comme beaucoup d’autres dans le pays. Une situation qui préoccupe Me BOKPE GNACADJA. Elle invite les autorités à divers niveaux à œuvre pour l’éradication totale de cette pratique et la prise en charge sanitaire des victimes puisque des cas sont toujours signalés dans certaines régions du Bénin.

Il faut préciser qu’en prélude à la 15ème édition de cette journée, le ministre en charge des affaires sociales et des microfinances, Bintou C. ADAM a adressé un message lundi dernier au peuple béninois. Elle a déclaré que le gouvernement à travers son département ministériel s’engage à mettre l’accent sur les stratégies de prévention de ce fléau et rassure de sa détermination à l’éradiquer. Elle a également exhorté les autorités locales, les chefs religieux, les chefs de famille et chefs coutumier à prendre les initiatives pour en finir avec cette pratique rétrograde.

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