Bénin/5 questions à Claudine Prudencio « … mon plus grand défi actuel est de travailler à l’autonomisation des femmes… »

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Par : Is-Deen O. TIDJANI

En ce jour jeudi 8 mars où la communauté célèbre la 23ème édition de la journée internationale de la femme, notre rédaction s’intéresse à la vie de ces femmes qui utilisent leur position et leur charisme, pour changer positivement et autant qu’elles peuvent, la condition de la gente féminine. Dans le registre de ces femmes béninoises qui se battent pour l’amélioration de la condition des leurs, on retrouve le nom de la députée Claudine Afiavi Prudencio. À travers cet entretien, la rédaction du www.boulevard-des-infos.com vous présente les motivations de cette femmes au parcours atypique, dans l’arène politique. Nous lèverons aussi un coin de voile sur sa vie, sa lecture du rôle de la femme en politique, ce qu’elle pense des conditions de la femme africaine, son souhait pour changer la donne et surtout son projet pour le futur.

Qui est Claudine Afiavi Prudencio ?

À cette question de notre rédaction, beaucoup donneront une réponse collective. Celle que le commun des mortels donnerait. « Elle est députée » dira l’autre. Mais en poussant un peu les portes dans son entourage, on est mieux renseigné. Et à la tâche, on apprend que Claudine Afiavi Prudencio est une femme au foyer. Elle est maman de deux enfants (un beau garçon et une sublime fille). Ancien ministre du gouvernement de l’ancien Président Boni Yayi. Elle est actuellement députée à l’Assemblée nationale et Présidente de la commission de l’éducation, de la culture, de l’emploi et des affaires sociales. Cette juriste de formation a un parcours professionnel et politique qui force l’admiration et fait d’elle une femme de forte caractère.

Parcours professionnel et politique

Responsable de la cellule des marchés publics du Ministère de l’énergie, des mines et de l’eau, où elle avait précédemment fait ses preuves, Claudine Afiavi Prudencio s’est aussi beaucoup investie dans les médiations internationales. Par la suite, elle a embrassé une carrière politique avec l’Union pour le Développement d’un Bénin Nouveau (UDBN), parti politique dont elle est l’actuelle présidente. Parti dont l’auréole a plus ou moins pesé dans son élection à l’Assemblée nationale 7ème législature.

Quelles sont les motivations de Claudine Afiavi Prudencio en politique ?

Claudine Afiavi Prudencio n’est pas entrée en politique parce que tout le monde y venait. Elle a mis pied dans l’arène parce qu’elle veut jouer sa partition. « Je me suis engagée en politique pour être au cœur des instances de prise de décision et influencer les orientations de politiques en faveur des couches vulnérables de notre société. », confie-t-elle à notre micro.

Contrairement à beaucoup, la députée de la sixième circonscription électorale (Abomey-Calavi So-Ava Zè, ndlr) n’est pas dans l’arène politique pour s’en mettre pleine les poches. « Je ne suis pas venue à la politique pour m’enrichir, parce que Dieu m’a déjà comblée du minimum. Mon objectif principal est de contribuer à l’édification d’une cité un peu plus juste et équilibrée en faveur des femmes », jura t-elle la main sur le cœur. Mais ce qui est bon pour Claudine fille de Prudencio n’est pas forcément bonne pour d’autres.

Quel regard portez-vous sur la présence des femmes dans l’arène politique au Bénin ?

Il faudrait qu’elles soient bien nombreuses dans l’arène pour que cette question émeuve. Mais Claudine A. Prudencio a sa perception sur le sujet. Et à notre interrogation, l’honorable déclare : « D’une manière générale, la participation des femmes à la chose politique au Bénin est encore très faible. C’est d’ailleurs pourquoi, récemment, l’Assemblée Nationale du Bénin avec l’appui de l’Union Interparlementaire a organisé un séminaire sur la problématique. » Un séminaire auquel elle a pris une part active aux côtés d’autres femmes députées pour un impact positif.

Quel est votre avis sur la situation des femmes en Afrique ?

On ne peut parler des conditions de la femme avec Claudine Prudencio sans qu’elle n’ait une pensée pour la femme africaine en générale. Leur situation lui tient sérieusement à cœur. Et pour preuve, au cours de cet entretien, la présidente de la commission de l’éducation, de la culture, de l’emploi et des affaires sociales du parlement béninois a tenue à donner son avis sur la situation des femmes africaines et plus particulièrement les violences dont elles sont victimes. À propos, on retiendra d’elle que : « Dans la plupart des pays africains, les femmes continuent hélas de souffrir le martyr malgré les efforts des États africains appuyés par la Communauté internationale, notamment les Nations Unies. Les violences auxquelles sont confrontées les femmes peuvent être d’ordre physique ou psychologique. La situation est particulièrement drastique dans les pays en situation de conflit. »

Que préconisez-vous pour aider à une meilleure lutte contre ce phénomène ?

Elle est aussi de la majorité de ceux qui estiment que la gente féminine ne doit jamais être sujette à une quelconque violence. Mais contrairement aux autres, Claudine Prudencio propose des solutions pour changer la donne. « Je pense que pour mettre fin, ou si vous voulez, pour amoindrir les violences faites aux femmes, les États africains devraient investir dans l’autonomisation des femmes. Il est également nécessaire de leur assurer leurs droits et l’accès à la justice. C’est certainement pour cette raison que pour célébrer l’édition 2018 de la Journée Internationale de la Femme, la communauté internationale a choisi comme thème, je cite <<le temps est proche : les activistes ruraux et urbains transforment la vie des femmes>>, fin de citation. C’est d’une action concertée et généralisée, venant des villes et des campagnes que viendra l’amélioration du sort des femmes au Bénin et dans le monde. »

Quelles sont vos ambitions pour le futur ?

À cette question, beaucoup n’aiment pas donner de réponses. Mais Claudine Afiavi Prudencio s’est tout de même confiée à notre équipe. En abordant le sujet, elle dit : » Vous savez, le plus important pour moi, c’est le présent. Seul Dieu détient le souffle et connaît le plan de chacun. Mais comme malgré cette réalité, l’homme doit faire des projections dans le futur, je puis vous dire que mon plus grand défi actuel est de travailler à l’autonomisation des femmes et à l’épanouissement des jeunes. Au plan politique, je prends une part active dans la concrétisation des réformes du Président de la République, Son Excellence Monsieur Patrice Talon, notamment celles du système partisan, et de la charte des partis politiques pour une meilleure animation de la vie politique au Bénin. »

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