Halte ! La roue tourne

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Par : Giscard AMOUSSOU

Après l’échec des négociations qui a entrainé la radicalisation des mouvements de grève des syndicalistes, le gouvernement tente de frapper. C’est à la suite du conseil des ministres du mercredi 28 février 2018, date mémorial pour toute la nation béninoise que le gouvernement a pris ses responsabilités. Des responsabilités qui n’offrent aucune porte de sortie de la crise. Traités d’illégale, la grève déclenchée par les syndicalistes depuis plusieurs semaines n’a pu être apaisé par le gouvernement de la rupture. Autrement, la solution trouvée est la défalcation puis la radiation en vue. S’il est vrai que le gouvernement devrait jouer la carte d’apaisement, il est aussi vrai qu’en face des partenaires sociaux, il faut avoir un langage franc et modéré. La rencontre entre le chef de l’Etat et les syndicalistes n’a pas du tout satisfait les attentes. Toute chose qui a entrainé quand-même la poursuite des grèves. Ce qui a radicalisé les positions est la dernière rencontre avec les ministres où la question de défalcation sur salaire n’a pu être réglée. Malgré ces événements malheureux qui plongent l’école dans l’obscurité totale, c’est la nouvelle posture du gouvernement qui inquiète. En se référant à l’histoire du pays, les menaces à l’encontre des partenaires sociaux n’ont jamais abouti à l’apaisement. Aujourd’hui, l’arme d’assaut que dispose le gouvernement est celle de la radiation. «  Le gouvernement considère que tout agent de l’état en cessation illégale de travail, se met dans une posture d’abandon de poste ». Cette déclaration vient donner du maïs à moudre aux syndicalistes qui appellent à une mobilisation générale plus cossée. L’inquiétude est grande puisque chaque camp s’emploi à sortir son joker. Le gouvernement est déjà mal parti puisqu’en présence d’illégalité, il ne devrait avoir des négociations préalables. Confiants qu’on ne peut les radier tous, les centrales syndicales appellent à la résistance. Ce qui est inévitable est que cette guerre entre gouvernement et les partenaires sociaux, bousculera à coup sûr les réalisations enclenchées par le gouvernement. Mieux vaut baisser les armes et aller à la table de négociation.

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