Une école qui se meurt

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Par : Giscard AMOUSSOU

Parents d’élèves, gouvernement, syndicalistes, observateurs, tous savourent délicatement la ruée vers une année scolaire invalidée où biaisée. 23 janvier 2018. Cette date est gravée dans la mémoire des élèves et parents d’élèves qui craignent la couleur que prendra l’année scolaire. Depuis ce jour où l’école béninoise a fermé ses portes aux apprenants, syndicalistes et gouvernants ont du mal à trouver une porte de sortie. Plusieurs négociations n’ont pu aboutir à la décrispation de la crise. Les positions des uns et des autres restent irréversibles. Les deux partenaires dans un dialogue de sourds continuent par faire mal à l’école déjà agonisante au Bénin. Plus de doute pour une année bâclée quelque soit le règlement final. La main tendue du gouvernement est rejetée plusieurs fois par les partenaires sociaux qui ont déjà franchi le rubicond de l’humilité. Pareil pour le gouvernement qui se met dans une posture de chef sans découdre. L’année scolaire 2017-2018 est déjà sacrifiée et les enfants laissés à eux-mêmes avec une formation à peine acceptable. Dans cette guerre, les médiations des sages dont les confessions religieuses, le conseil économique et social, les anciens ministres et les politiques, n’ont pu apaiser l’ambiance. Aujourd’hui, ni les gouvernants ni les syndicalistes ne veulent se laisser faire et pourtant les écoles sont toujours fermées. Les dissidents de ces mouvements n’ont pu sauver les meubles. Malgré la levée de motion de certains secrétaires généraux, la base n’entend pas lâcher du lest. La conséquence reste désastreuse puisque dans certaines écoles les souris visitent déjà les manuels scolaires. Bien que le gouvernement ait la volonté de sauver l’année, les résultats du dialogue social ne rassurent guère. Tant les syndicalistes rassurent les parents d’élèves, tant ils mettent de la poudre d’escampette dans leur mouvement pour ne pas abandonner. Que voulons-nous pour l’école qui souffre déjà au Bénin ?

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