Bénin : L’essentiel de ce que Modeste Toboula a dit sur l’émission « Tour de Contrôle »

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Par : Is-Deen O. TIDJANI

Le Préfet du Littoral, Modeste TOBOULA est l’invité de l’émission hebdomadaire « Tour de Contrôle » de la télévision Golf TV Africa. Face au journaliste Charnel Aihou, Modeste Toboula était invité à faire le bilan des deux années qu’il a passé à la tête du département du Littoral. Il a profité de cette tribune pour aborder plusieurs sujets concernant son département. Entre autres, la suspension de Léhady Soglo, qui a été entérinée par une révocation pure et simple. Le maintien de l’ordre dans ce département, l’encadrement des manifestations publiques, etc.. sont autant de sujets abordés.

Dans son développement en plateau, Modeste Toboula, a tenu à signifier que les prérogatives du préfet à la tête d’un département son multiples et pluridisciplinaires. « Le préfet est le dépositaire du pouvoir de l’Etat au niveau du département. La loi lui donne la prérogative de représenter tous les ministres chacun pris individuellement au niveau de son département. Il représente l’ensemble des maillons de l’Etat au niveau du département. »,a-t-il martelé d’entrée.

Ses accrochages avec Léhady Soglo sur le tapis

Il s’était promis de ne pas abordé ce dossier en public. Mais étant confronté à la question en plateau, le Préfet Modeste Toboula s’est vu un peu obligé de lever le rideau. Et à propos il déclare : « DDepuisla suspension du maire Léhady Soglo, je me suis abstenu de me prononcer sur cette affaire. Quand j’entends que le maire Léhady Soglo est un exilé politique, je rigole. La loi donne le pouvoir de suspendre un maire lorsqu’il a commis des fautes lourdes. Et comme faute lourde, il y a par exemple le bradage des domaines publics. Et quand on parle de règlement politique je me demande si c’est le chef de l’Etat qui a demandé à Léhady Soglo de brader les domaines publics. »

Allant plus loin, le préfet Toboula relève encore un autre « manquement » de l’ancien maire de Cotonou.  » Un maire qui voyage le jour de la célébration de la fête de l’indépendance sur son territoire. Malgré le refus du préfet que je suis, étant donné qu’il est sous mon tutel , il a pris une note de service pour engager les dépenses et à voyager avec ses collaborateurs. C’est des actes graves qui ne devraient pas rester impunis. Monsieur Léhady Soglo a fauté et a été puni, c’est tout. Aucune disposition administrative n’empêche sa révocation en une journée. Dans l’intervalle d’une année, nous avons reçu 64 actes du maire Léhady et nous avons validé 54. Donc personne n’empêchait le maire Léhady Soglo de travailler. Le maire actuel qui est un ancien ministre de la décentralisation connaît sa place et respecte son couloir même s’il faut avouer que les choses ne se passent pas encore comme on l’aurait voulu. »

L’assainissement de la ville de Cotonou à tout prix !

Voilà un sujet qui a laissé le préfet un peu perplexe. Le premier administrateur du département du Littoral reconnaît qu’il reste encore beaucoup à faire à ce niveau. À propos, il déclare : « Je dois avouer que nous n’avons pas pu atteindre les objectifs que nous nous fixés. Le chef de l’Etat à l’entame de son mandat avait signifié qu’il essayera de faire le maximum pour redonner au département leurs éclats. Nous estimons que pour le potentiel que nous avons, nous n’avons pas pu faire ce qu’il faut. Mais il faut reconnaître qu’il y a effectivement une rupture au niveau des habitudes dans le département du Littoral. On sait qu’il y a une autorité publique dans le département et le pouvoir de l’Etat n’est pas parterre »

L’homme travaille sans désemparé

Ce ne sont pas les grognes des populations qui le décourageront. Bien au contraire, Modeste Toboula se dit très déterminé pour accomplir sa mission. « Un préfet n’est pas celui qui recherche la popularité. Il est là pour rétablir l’ordre. En 2016 quand le pouvoir a changé de main, il y avait des actes de braquages répétés. Il fallait prendre les dispositions pour mettre fin à ça. Je tiens d’abord à remercier le chef de l’Etat pour m’avoir laissé la main pour travailler. Il a laissé chaque acteur qu’il a nommé pour faire son travail. C’est donc ce qui a permis de prendre le 7 juillet 2016 une décision pour réglementer la circulation dans le marché Dantokpa, les braquages ont cessé automatiquement. Nous avons le confort juridique, l’accompagnement matériel et les moyens humains pour faire le travail. Au Bénin nous baignons dans l’incivisme et il fallait mettre fin à cet état de chose. Nous sommes habitués aux pouvoirs qui au lieu de travailler pour le mieux être des populations, pensent à leur réélection; ce qu’il fallait arrêter. »

 » Lorsqu’on parle de l’économie numérique, l’objectif est d’arriver à un dispositif qui va nous amener à la dématérialisation. C’est ce que nous avons fait à l’époque en prenant des décisions pour freiner l’élan que prenait les braquages dans les centres commerciaux. Le département du littoral a des particularités. Nous avons sous l’autorité du chef d’Etat major de l’année initié l’opération OURAGAN pour pouvoir sécurisé nos côtes qui étaitent devenus les lieux où les opérations de braquages prenaient corps. Il y a également l’opération RAMBO qui a permis d’assainir les département puisque tous les ghettos ont été détruits. e point de vue stratégique, le département littoral jouait un grand rôle en terme de sécurité. Le 20 juin quand je prenais service je disais que j’aime relever les challenges. Nous avons pris des décisions pour permettre aux apprenants d’étudier dans le calme et la sérénité en libérant tous les alentours des écoles des boutiques, des bars et restaurants, des églises, des mosquées . »

 » Notre port autonome aujourd’hui est à l’intérieur de la ville, donc le flux de circulation des camions empêchait la libre circulation des personnes et des biens. Nous avons donc pris les arrêtés pour règlementer leurs circulations et vous auriez du constater que les camions ne circulent pas dans la journée. Je rappelle que les communes sont le prolongement de l’Etat et elles doivent travailler en harmonie avec le pouvoir central. Donc il était important pour nous de nous substituer aux maires pour mettre de l’ordre là où ils ont failli « 

« L’objectif du préfet n’est pas d’empêcher la jouissance des libertés publiques. Mais il faut exercer cette liberté en respectant la loi. Nous autres prenons des mesures de police administrative pour que l’exercice des libertés des uns n’empêchent pas la jouissance des libertés des autres. Nous ne sommes pas nommés pour encourager le désordre. Vous ne pouvez pas vouloir marcher pour empêcher les citoyens de vaquer à leur occupations. Je reçois parfois des demandes où on souhaite marcher de 8h à 12h; je trouve cela anormal. Aujourd’hui, à travers le nouveau code pénal, tout le monde est fixé par rapport à cet aspect. « 

 » Le maintien de l’ordre a un noyau dur. Les dispositions ont été claires, quand il y a urgence, quand l’inaction du maire est porteur de troubles de l’ordre public, la substitution est automatique. Quand un maire ne joue pas comme cela se doit son rôle, le préfet se substitue à lui automatiquement. Prenons le cas de l’arrêté qui empêche la circulation des egoun goun dans le département de littoral, c’était une décision salutaire puisqu’il y a quelques jours, un egoun goun a poignardé un citoyen qui est passé de vie à trépas. »

Les réformes territoriales sont dans tous les domaines 

Plusieurs autres sujets non moins importants ont été évoqués par l’homme fort du littoral. Nous vous proposons ici des extraits dans chaque domaine.

 » Le problème de fixation des chefs lieux de département était là depuis le temps de Kérékou et aucun président n’a pu régler cela. Mais en deux mois, le président Patrice TALON a pu le régler sans grand bruit. Et il faut le lui reconnaître, c’est un acte courageux et digne d’un chef de l’Etat »

Mairie de Cotonou !

 » Rien à encore changer à la mairie de Cotonou. Et je profite de l’occasion pour remercier le parquet de Cotonou qui ont su jouer leur rôle pour rappeler à l’ordre les agents de la mairie de Cotonou qui ont failli dans l’exécution de leur mission. « 

Les préfecture de Cotonou en question !

 » Je ne suis pas encore satisfait des réformes au niveau des services de délivrance de la carte d’identité nationale. J’ai fait enfermer des collaborateurs qui ont failli parce que c’est inacceptable de constater que les citoyens déboursent jusqu’à 30.000fcfa pour se faire établir une carte d’identité nationale qui devrait lui coûter 2400fcfa. Aujourd’hui si votre dossier est au complet, vous pouvez avoir votre carte en 72h. La numérisation des archives à la préfecture est un grand défi. Heureusement que le gouvernement est entrain de nous construire des cités qui vont abriter les préfectures sinon aujourd’hui, les archives prennent toute l’espace à la préfecture et nous n’avons même pas de la place. Je pense qu’avec la carte RAVIP qui aura une durée de 10 ans, cela va réduire le travail au niveau des préfectures. »

En finir avec des ONG pirates !

 » Nous entreprenons également assainir le milieu des ONG. Des gens déclarent autre chose dans les statut de leur ONG et font autre chose. Il va falloir mettre fin à tout ça. Il y a trop d’actes de faux et usage de faux dans ce milieu qui est devenu un raccourci pour les sans emplois. »

Quid du dossier asphaltage ?

 » Le Chef de l’Etat actuel a le soucis de faire les choses qui vont servir durablement. C’est la différence entre lui et les autres Présidents que le Bénin a connu qui font tout pour plaire aux beaux yeux de la population. Est-ce que c’est parce que nous avons parlé d’asphaltage qu’il faut biaiser les études? C’est un projet de grande envergure et aucune précipitation ne sera admise. Dans quelques jours, les entreprises qui ont été choisies recevront notifications de leur marché. Nous parlons d’un mobilier urbain moderne et cela ne peut se faire dans la précipitation. Nous l’avons promis et ce sera fait. Nous avions dit que nous venons, et nous allons venir. « 

Les sachets plastiques en question !

 » Au niveau de la préfecture, nous avons voulu donner le bon exemple en temoignent les emballages que nous avons eu par le biais des partenaires et que nous allons distribuer aux populations du littoral. C’est un emballage en papier non bio dégradable. Nous allons faire en sorte qu’à Cotonou, qu’il n’y ait plus de sachets plastiques. Je rappelle que la loi interdit la détention des sachets plastiques et quand la répression va commencer nous allons rester ferme comme d’habitude »

En bon fils reconnaissant il parle en mot de fin !

 « Je voudrais d’abord remercier Dieu qui nous a permis de passer ce petit temps à la tête de ce département. Je remercie en premier lieu le Chef de l’Etat qui m’a donné cette opportunité. De façon modeste nous allons faire en sorte que les politiques du gouvernement soient mieux appliquer dans le département du littoral. »

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