Bénin/Santé : L’Abdms prend la ferme résolution de limiter les erreurs médicales

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Samedi 6 octobre dernier, le grand amphithéâtre de la faculté des sciences de la santé (FSS) a abrité la cérémonie officielle de lancement des activités de l’Association béninoise de droit médical et de la santé (Abdms).

Par : Is-Deen O. TIDJANI

Devant des autorités ministérielles et rectorales, cette association a pris corps pour entre autres objectifs : Promouvoir le droit de la santé au Bénin ; accompagner les victimes dabus et derreur médicale; organiser la relation entre les deux milieux professionnels essentiellement; constituer et animer les équipes de recherche relative au droit médical et de la santé ; organiser des séances de formation et uvrer au renforcement et à lamélioration de la méditation de santé au Bénin.

À cette occasion, Saturnin Bidossessi Agbani, premier président de l’association décline quelques raisons qui ont motivé les membres de l’Abdms à prendre leurs responsabilités. À l’entendre l’association a vue le jour parce que : « La santé initialement reconnue comme étant le silence des organes, nécessite pour sa restauration ou sa préservation, des actes dont la mise en œuvre peut s’avérer source de morbidité voire de mortalité. Malgré la grande compétence et le dévouement des acteurs du monde médical, celui-ci reste alimenter par la sous information, le sous équipement même la sous dynamisation. Nos populations, ignorantes des sources judiciaires s’en remettent à la fatalité dans l’acceptation des situations ou responsabilités des réparations qu’on peut évoquer. », précise-t-il.

Me Agbani souligne aussi que « l’Assimilation des grands principes de droits humains et la marche de notre société vers le développement nous oblige à prendre en compte cette situation. C’est ainsi que depuis 2014 un groupe de personnes de bonne volonté entrepris de gravir les marches de la réflexion axée sur les problèmes du secteur de la santé et plus précisément ceux des patients. La problématique est délicate exaltante. La poursuite des travaux et leurs résultats ont nécessité la mise en place d’un creuset. C’est ainsi que l’Association béninoise de droit médicale et de la santé est mise sur pied le 14 juillet 2017. », a-t-il ajouté.

Pour Dr Francis Aissoun, Président de l’ordre des médecins du Bénin, « …Il n’y a pas de hasard. Ce n’est pas un hasard si la justice s’en ait pris aux médecins, il y a quelque temps. » À l’entendre, cela est une nécessité afin d’assainir le secteur. « Les objectifs de l’association concordent avec les missions de l’ordre des médecins. L’association doit aller au delà de cela afin de prévenir pour qu’il n’y ait pas de conflits. La tâche est immense au regard de l’actualité dans le secteur où il faut avoir le courage de suivre les directives. Ce qui est sûr, on veut bien faire et pour cela, on doit laisser des mécontents. »

Le Bâtonnier Cyrille Djikui ajoute qu’il sagit d’une initiative à saluer. « Cette initiative qui uni médecins et praticiens de droit est à louer.« , affirme-t-il. C’est une occasion propice selon lui pour améliorer les pratiques dans le secteur de la santé. « L’avocat est prêt à prévenir le médecin, c’est en même temps l’occasion d’oeuvrer à ce que l’avocat aide le patient qui par une erreur, perd un de ses membres à être indemnisé. », indique-t-il.

Vice recteur de l’Université dAbomey-Calavi, le Professeur Marcel Zannou montre que « Ce qui se passe souvent dans notre contexte avec le médecin qui travaille très bien, l’erreur peut arriver pour diverses raisons. Il doit maintenant travailler et faire beaucoup attention. Le plus grand capital qu’on peut avoir, c’est la connaissance ». Il pense que, « l’Abdms s’engage à sensibiliser et former les praticiens, le partenariat ira loin. Il faut que ce partenariat débouche plus tard sur une association plus formelle ».

La Directrice de cabinet du ministère de la justice Madame Bako laisse croire que « …Cette association contribuera à la résolution de nombreux maux qui minent le système sanitaire béninois. Les actions menées entrent parfaitement en cohérence avec le PAG dans le secteur de la santé. L’accès aux soins de santé constitue pour le gouvernement, un objectif prioritaire. Le gouvernement s’emploie à travers les réformes engagées à faciliter la tâche aux populations en générale à travers l’organisation et le financement du système sanitaire d’une part, et la règlementation des professions de la santé et des soins ainsi que le rapport avec les patients y compris les responsabilités professionnelles d’autre part ». Elle n’a pas manqué de les rassurer du soutien du gouvernement.

Il faut souligner que le thème débattu au cours de cette cérémonie est intitulé « La judiciarisation de la pratique médicale au Bénin : Etat des lieux enjeux et perspectives ». Une thématique développée par Maître Max d’Almeida et Docteur Cédric Bigot. De cette thématique, la caporalisation du secteur de la santé par le pouvoir public, l’absence de jurisprudence en la matière, l’absence d’une législation et l’aspect sociologique de la question qui permet aux patients de tout mettre sous le dos de Dieu, ont été étalés et décortiqués.

Pour le Dr Emmanuel Ewanignon vice président de cette association, « L’abdms veut être l’organe de sensibilisation par excellence afin que les normes de notre métier soient respectées. »

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