Par : Is-Deen TIDJANI
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C’est une première au Bénin. Le gouvernement amorce un tournant pour soigner les enfants partout de la même façon. Lundi 20 juillet 2026, l’Autorité de Régulation du Secteur de la Santé (ARS) et un collège de médecins pédiatres ont prévalidé 18 référentiels de prise en charge en pédiatrie. Ces documents, appelés références médicales opposables, serviront désormais de bréviaires dans tous les hôpitaux du pays. Fini les différences de traitement entre le Nord et le Sud : pour 18 maladies courantes chez l’enfant, comme le paludisme simple, médecins et infirmiers devront suivre le même protocole.
Un enjeu qui dépasse la médecine
Ces référentiels sont aussi la clé de voûte de l’assurance maladie obligatoire. « Si l’assurance maladie retrouve dans le récapitulatif une ligne de médicaments qui n’a pas été prévue dans nos référentiels, cette ligne ne sera pas remboursée », tranche le Professeur Eugène Zounmènou, […].
L’objectif est clair : mettre fin aux factures abusives et aux conflits à répétition entre familles, hôpitaux et assureurs.
Des règles qui collent au terrain
Qui dit règle unique ne dit pas règle figée. Le grand défi sera désormais de faire appliquer ces normes dans la réalité des centres de santé béninois. Et surtout, de les faire évoluer. Aristide Talon, conseiller à la Santé à la Présidence du Bénin, souligne que les bactéries, les maladies et les moyens de traitement ne sont pas les mêmes partout. Le gouvernement promet donc des études cliniques locales pour adapter en continu ces référentiels. L’idée est d’éviter le piège du protocole importé, inapplicable sur le terrain. Les guides de soins devront coller aux réalités bactériologiques et environnementales du pays, sous peine de stagnation.
Une « portée historique » pour sécuriser le système de soins
Dr Lucien Dossou-Gbété, président de l’ARS, insiste : le Bénin vient de poser un « acte de très grande portée historique ». La balle est maintenant dans le camp de l’instance supérieure de contrôle, qui doit officialiser les textes.
Une fois en vigueur, ces 18 référentiels serviront de boussole. Ils permettront non seulement de normaliser les pratiques et d’évaluer les hôpitaux, mais surtout d’améliorer la qualité des soins pour les enfants. En liant directement protocole médical et remboursement, le pays espère enfin rendre son système sanitaire équitable et plus viable. Reste à voir comment les soignants s’approprieront cette révolution sur le terrain.
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