Bénin : « Il n’y a jamais eu de chasse aux moindres opposants dans notre pays »dixit Alain Orounla

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Monsieur Alain Sourou Orounla, Ministre de la Communication et de la Poste, Porte Parole du gouvernement était l’invité de Frissons Radio ce lundi 8 Mars 2021. À l’occasion, il a été invité à se prononcer sur la supposée dérive autoritaire et chasse à l’homme permanente aux opposants, dont certaines opinions affublent le gouvernement.

Par : Is-Deen O. TIDJANI
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Sur le fait, le porte parole du gouvernement s’est d’emblée voulu catégorique : « Il n’y a jamais eu de chasse aux moindres opposants dans notre pays. Puisque, les plus virulents sont en liberté. Et ont toujours été en liberté depuis 2016 où Patrice Talon a pris les rênes de ce pays. »

Monsieur Orounla a cité à l’occasion, quelques têtes de pont qui se réclament de l’opposition virulente comme : le leader du Restaurer l’Espoir, Joël Aivo, le Président Soglo, qui s’expriment sans ménagement sur le président en exercice, mais qui n’ont jamais été inquiétés.

Le ministre Orounla insiste par la même occasion que « le fait d’être en opposition avec la gouvernance de Patrice Talon n’a jamais mis quelqu’un devant la justice. »

Relativement à l’interpellation de Madame Madougou dans la rue alors qu’elle n’aurait pas reçue une convocation au préalable, le parolier du gouvernement fait remarquer que : « Il n’y a pas d’obligation à adresser une convocation préalable. Ça fait partir des subtilités du code de procédure pénale et cela se comprend. C’est une interpellation certes spectaculaire, mais je ne pense pas que ce fut le dessein des forces de police. Et que c’est l’orchestration de nos amis qui ont peut-être donné lieu à ce spectacle. Mais cela n’entache pas la régularité de la procédure. Ni son bien fonde et sa légitimité. »

Alain Orounla réfute la terminologie d’opposante que certaines personnes tentent de greffer à ce dossier. A ce sujet, il déclare « Je ne suis pas d’accord que l’on parle d’opposante, parce qu’il n’y a pas d’opposant dans une procédure pénale. Il y a des mis en causes. Il y a des gens soupçonnés et il y a des règles pour mener une enquête. Donc il ne s’agit pas d’une opposante parce que ça, c’est pas une infraction. »

Justifiant le bien fondé de la détention de la mise en cause, Alain Sourou Orounla rappellera que « dame Réckya Madougou est soupçonnée d’un crime grave. Elle est soupçonnée de vouloir attenté à la tranquilité publique, poser des actes de violence, des assassinats planifiés. C’est de ça que les mis en cause entendus préalablement ont parlé, d’acte de terrorisme. »

À la question de connaître les preuves dont disposent les enquêteurs pour la poursuite de la procédure, Alain Orounla répond : « On n’a pas besoin à ce stade de preuves. Il nous suffit d’avoir des indices. Et là, nous avons plus que des indices concordants. On a des aveux de ceux qui étaient supposés exécuté le crime, commettre le crime, qui ont reçu de l’argent à cette fin, et qui n’ont jamais contesté avoir reçu cet argent. Et qui ont désigné dame Réckya Madougou comme la personne qui leur a fourni cet argent. Ce n’est pas démenti. Il est de la responsabilité du parquet de prendre toutes les dispositions afin d’avoir enfin des preuves assises, de confronter les points de vue sans qu’il n’y est la moindre possibilité d’altération de la vérité ou de dénaturation des faits. »

Répondant aux allégations des avocats de la mise en cause, qui avancent la thèse d’un procès politique, Alain Orounla a été très insicif : « Il n’y a pas d’infractions politiques. Mais on ne peut pas laisser passer sous silence des actes de terreurs et de terrorisme au motif que ces actes seraient commendités par une personnalité politique, fut-elle de l’opposition. Et là, je dois vous dire que les propos de dame Réckya Madougou avant cette interpellation, des propos menaçant en période électorale, des propos lourds, des propos destabilisateurs, l’appel à l’insurrection, n’oublions pas que dame Réckya Madougou est venu librement dans son pays, a bénéficié d’ailleurs de la régularité des services et des autorités de notre pays puisqu’elle n’était pas sur la liste électorale, ce qui était rédibitoire pour sa candidature. Et donc, elle a été admise à concourir. Imaginez que pour un motif vrai, cette inscription n’eut pas été possible, on aurait crié à la chasse aux sorcières. Donc elle a été admise à aller à la compétition. Elle a été recalée et les seuls juridictions pour se prononcer là-dessus se sont prononcées… La justice elle est neutre. Elle n’est pas partisane, elle n’est pas politique, elle ne s’occupe que des mis en cause, des coupables et des innocents. »

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