Au Bénin, le gouvernement du président Romuald Wadagni tourne une nouvelle page dans sa manière d’informer. Fini le seul français administratif. Désormais, l’exécutif mise sur la vulgarisation directe des mesures sociales dans plusieurs langues parlées au quotidien par les populations. Une stratégie pilotée au plus haut niveau, avec plusieurs ministres mobilisés pour expliquer, en fon, mahi, nago, yoruba, baatonu, dendi, goun et autres idiomes nationaux, ce que change concrètement la politique sociale.
Par : Is-Deen TIDJANI
© BOULEVARD DES INFOS
Depuis quelques jours, un changement est visible dans la communication au sommet de l’État. L’objectif est simple : que chaque Béninois, qu’il soit à Cotonou, à Abomey-Calavi, à Natitingou, à Parakou, à Malanville ou à Porto-Novo, comprenne sans intermédiaire les programmes sociaux décidés par le gouvernement.
À la manœuvre, le président de la République, Romuald Wadagni. Sous son impulsion, la cellule de communication gouvernementale a conçu un nouveau dispositif : « Le gouvernement plus près de nous ». Désormais, dans ce format, des ministres bien connus du public expliquent, à travers des capsules vidéo digitales entièrement produites en langues locales, les différentes mesures sociales du gouvernement.
« Il ne sert à rien de mettre en œuvre des mesures si elles ne sont pas comprises », rappelle une sagesse populaire.
C’est dans cette logique que plusieurs membres du gouvernement sont désormais mis à contribution.
Des ministres porte-voix dans les langues du terroir
Le format est bien rodé. Sur des mesures sociales précises, plusieurs ministres interviennent pour expliquer, dans leur langue maternelle ou dans une langue maîtrisée localement, les réformes qui concernent directement un secteur précis.
Parmi les thèmes déjà abordés :
- Agriculture : interdiction d’utilisation de certains pesticides ; subventions spécifiques au profit des agriculteurs, principalement ceux des filières riz, coton, soja et anacarde, dès la campagne 2026-2027 ;
- Santé : subventions de plusieurs milliards pour réformer les centres de santé publics en médicaments et produits de première nécessité, dans le cadre du programme « On soigne d’abord et on discute après ».
D’autres langues telles que le goungbé, le mina ou le peul seront certainement aussi mobilisées selon les zones pour expliquer les mesures sociales du gouvernement.
L’idée étant de couvrir au moins 80 % de la population dans la langue dans laquelle elle s’exprime le mieux à la maison.
Pourquoi cette option ?
Le constat fait état de ce que les communiqués édictés uniquement en français n’atteignent pas toujours les couches les plus vulnérables. Et certaines incompréhensions peuvent entretenir la rumeur.
En passant par les langues locales, le gouvernement veut créer un lien de confiance direct et, par ricochet, circonscrire toutes les poches d’incompréhension et d’infox.
Le pari est désormais clair : rendre l’action publique lisible, utile et proche. Et en parlant la langue des populations, l’État espère non seulement mieux informer, mais aussi mieux associer les citoyens à la mise en œuvre des politiques sociales.
En clair, tout le monde est gagnant avec cette stratégie de communication.
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