Par : Is-Deen TIDJANI
© BOULEVARD DES INFOS
Longtemps considérée comme une niche de gabegie et d’opacité, la gestion des frais de mission dans l’administration publique béninoise est en train de connaître une révolution silencieuse mais décisive. La généralisation de la procédure de paiement digitalisé, instaurée par le gouvernement du Président Romuald WADAGNI, à travers la note circulaire n°0264-c/MEF/DC/SGM/DGTCP/DNC/TGE/CVR/ADN/SP du 25 septembre 2026, s’impose comme l’une des réformes les plus courageuses et les plus salutaires de ces dernières années.
Une réponse ferme au détournement et aux missions fictives
Le constat était accablant. Pendant des années, le système manuel de paiement des frais de mission a alimenté tous les abus. Des chefs de service véreux détournaient les frais destinés à leurs collaborateurs, des fonctionnaires percevaient des perdiems pour des missions qu’ils n’ont jamais effectuées, et des missions fictives étaient créées de toutes pièces pour justifier des sorties de fonds. Cette pratique a saigné les caisses de l’État et démotivé les agents les plus méritants.
Avec la digitalisation, ce système opaque appartient désormais au passé. Le paiement est désormais traçable, direct et sécurisé. Chaque franc décaissé correspond à une mission réelle, autorisée et exécutée.
Justice, équité et traçabilité : la fin du favoritisme
L’autre mérite majeur de cette réforme est son caractère profondément juste et équitable. Désormais, seuls les fonctionnaires qui accomplissent réellement les missions pour lesquelles ils sont mandatés sont payés, et ce, directement sur leur compte, sans intermédiaire.
Fini le clientélisme où seuls les “protégés” du chef percevaient des missions juteuses. La plateforme digitale garantit une traçabilité totale des ressources publiques. Qui est parti ? Où ? Quand ? Pour combien de temps ? Et pour quel montant ? Tout est désormais archivé et vérifiable à tout moment par les organes de contrôle.
La géolocalisation, l’arme fatale contre la fraude
La véritable panacée de cette réforme, c’est l’introduction de la technique de la “preuve par géolocalisation”. C’est l’innovation qui va définitivement sceller le sort des fraudeurs.
Concrètement, le fonctionnaire en mission devra activer sa position au lieu de la mission. Le système validera automatiquement sa présence effective sur les lieux et pendant toute la durée de la mission. Impossible donc de percevoir des frais pour une mission à Natitingou tout en restant tranquillement à Cotonou. C’est la fin de l’impunité technologique. Cette méthode infaillible mettra un terme définitif aux paiements illégaux et aux fausses déclarations.
Vers un assainissement durable des finances publiques
En choisissant de rationaliser cette dépense sensible, le gouvernement du Président Romuald WADAGNI envoie un signal fort : celui d’une gouvernance qui refuse le gaspillage et qui fait de la rigueur budgétaire son cheval de bataille.
Cette méthode de rationalisation des dépenses n’est pas une simple mesure technique, c’est un acte de gouvernance. Elle est le gage d’un assainissement durable des finances publiques, d’une moralisation de l’administration et d’une restauration de la confiance entre l’État et ses serviteurs les plus dévoués.
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