Par : Is-Deen TIDJANI
© BOULEVARD DES INFOS
Le classement 2026 de Cloudwards sur la liberté d’Internet en Afrique, hisse le Bénin à la 4ᵉ place continentale avec un score de 76/100. Le pays entre aunsi dans le top 5 africain et devance des poids lourds comme le Ghana, le Sénégal et le Nigeria. Un positionnement qui interroge sur les politiques numériques menées à Cotonou.
Le Bénin dans le peloton de tête africain
Le classement 2026 place 3 pays en tête avec 84 points à savoir le Cap-Vert, la Côte d’Ivoire et les îles Seychelles.
Juste derrière, le Bénin partage la 4ᵉ position avec la Gambie, le Liberia, le Madagascar, la Namibie et le Niger, tous se disputant 76 points.
Ce score place le Bénin largement au-dessus de la moyenne régionale. Pour comparaison : le Ghana est classé 10ᵉ avec 72 points. Le Sénégal occupé le 19ᵉ rang avec 68 points. Le Nigeria, grand voisin de l’Est, arrive au 25ᵉ rang avec 64 points et le Togo occupe la 40ᵉ place avec 48 points. Seuls 8 pays sur 49 dépassent la barre des 70 points. Le Bénin en fait donc partie
Qu’est-ce que ce score de 76 point veut dire pour les Béninois ?
Un score de liberté Internet évalue généralement 3 axes : les obstacles à l’accès, les limites sur le contenu, et les violations des droits des utilisateurs.
Avec 76 points, le Bénin est classé parmi les pays où l’accès reste relativement ouvert. Le plus grand défi qui pointe est qu’à travers ce classement, le Bénin devra garantir qu’il y aura peu de coupures générales d’Internet, garantir le développement du haut débit et de la 4G/5G.
Le second défi est que la censure est limitée comparée à d’autres pays du continent. L’Égypte, l’Ouganda et le Soudan ferment le classement avec 12 à 24 points.
À travers ce classement, le Bénin devra aussi prouver que l’écosystème numérique peut se développer. Ainsi la fintech, e-commerce, médias en ligne et créateurs de contenu bénéficient d’un environnement moins contraignant.
Ce positionnement peut aussi devenir un atout d’attractivité pour les investisseurs du numérique qui cherchent un cadre plus stable en Afrique de l’Ouest.
Les défis à relever pour garder cette place
Être 4ᵉ ne veut pas dire qu’il n’y a plus rien à faire. L’écart avec le trio de tête est encore de 8 points.
Pour progresser, les enjeux pour le Bénin dans les prochains mois seront probablement de trois ordres. En peloton , il y a la protection des données personnelles et la transparence des lois sur le numérique.
La lutte contre la désinformation sans tomber dans la censure devra être là deuxième priorité.
Enfin, l’accessibilité qui implique la réduction du coût des données pour que cette liberté profite au plus grand nombre, y compris en zone rurale demeure le plus gros challenge.
Le classement montre aussi que l’Afrique de l’Ouest tire bien son épingle du jeu : 3 pays du top 5 sont ouest-africains. Le Bénin peut donc jouer un rôle de référence régionale.
À travers ce classement, c’est un signal fort pour le “Bénin numérique”. Ce 4ᵉ rang en 2026 donne au Bénin une carte à jouer. Entre ambitions gouvernementales autour du digital et dynamisme des jeunes créateurs, la liberté relative d’Internet devient un facteur clé de compétitivité. La question légitime qui s’en tire est de savoir si le pays saura saisir la perche et transformer ce bon score en opportunités concrètes pour les startups, la presse en ligne et aussi pour les citoyens ? Bien malin qui pourrait le dire.
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