Joël ALLAGBÉ au sujet de la nouvelle option du parti des Tchoco Tchoco : « Le PRD est resté stable sur toute la ligne »

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S’il y a un sujet qui agite l’opinion au Bénin depuis quelques jours, c’est la décision du Parti du renouveau démocratique (PRD) de Me Adrien Houngbédji d’aller aux législatives de 2019 avec sa propre liste. Coup de tonnerre. Beaucoup ne s’explique pas que l’un des précurseurs de la réforme du système partisan qui avait décidé d’aller aux législatives en fusion avec un des blocs soutenant le chef de l’État, puisse tourne kasac. Dès lors, les représailles n’ont pas tardé pour célébrer la descente aux enfers du premier parti politique de l’ère du renouveau démocratique. Dans l’opinion publique, le PRD est tantôt présenté comme un parti politique instable et surtout condamné à l’opposition. Pour les plus acerbes, le PRD a aliéné son électorat en optant pour l’opposition depuis des années et en décidant de faire cavalier solitaire, il enrhume la réforme du système partisan et signe son retour forcé dans l’opposition. D’autres voix encore se sont élevées pour dire que la famille arc-en-ciel n’existe plus légalement depuis son dernier congrès extraordinaire. Pour démêler l’écheveau, votre rédaction s’est rapprochée de Joël ALLAGBÉ, un des Vices président du PRD. À travers trois questions, Joël ALLAGBE a rafraîchi la mémoire de l’opinion sur les raisons du départ du PRD du bloc républicain….Lire ci-dessous l’intégralité de ses propos.

La décision de suspension du PRD est perçue par certains comme un repli car au congrès extraordinaire, il est dit que la base a entériné la fusion et quelques jours après, c’est le contraire qui est servi. Qu’en-dites vous?

Joël ALLAGBE : Merci monsieur le journaliste. C’est une véritable occasion que vous m’offrez de me prononcer sur la situation que traverse notre parti politique. C’est le lieu pour moi de remercier le Président Adrien Houngbédji, le Président Patrice Talon et enfin les militants à la base. Pour revenir à votre question, je dois rappeler que le PRD est un parti politique responsable et de paix. Et ce n’est pas de gaieté de coeur que nous avons pris l’option d’aller aux élections avec notre propre liste. Ce qui s’est passé n’est pas du repli, mais un sursaut pour sauver le PRD d’un naufrage provoqué. En réalité, c’est le Président Adrien Houngbédji qui a été le premier à évoquer la nécessité de réformer le système partisan. C’était dans son discours d’investiture. Ensuite il a œuvré pour la mise en place d’un cadre légal dès lors que cette réforme cadre avec la vision du Chef de l’État. Le reste, vous le savez. Il y a eu les propositions de lois, les séminaires d’imprégnation et d’appropriation et surtout le vote de la loi portant nouvelle charte des partis politiques et le nouveau code électoral. À partir de ce moment, la réforme est devenue une réalité. Mais je dois préciser que depuis 1990, nous avons opté pour le multipartisme intégral et la réforme ne la remet pas en cause. La réforme encadre la création anarchique des partis politiques, les réorganise avec des critères consensuellement plus corsés pour plus d’efficacité dans l’animation de la vie politique. C’est dans ce contexte que les partis politiques existants ont décidé de se mettre ensemble par affinité pour aller aux élections. Au sein du Bloc de la majorité parlementaire (BMP), des discussions ont été engagées et le PRD a fait preuve d’engagement, de volonté, de franchise et surtout de stabilité sur toute la ligne. Dans le communiqué en date du 19 novembre 2018 et signé par le Secrétaire Général, le PRD a fait un rappel des faits et les raisons qui l’ont amené à suspendre sa contribution dans le processus de création du Bloc républicain. Dans ce communiqué, le PRD a réitéré son appartenance à la mouvance présidentielle. Entre autres points de divergence, il y a le maintien de son logo dans le logo du nouveau parti ; le respect de son positionnement géographique électoral lors des choix des candidats aux élections législatives ; la constitution de ses militants en courant au sein du nouveau parti ; et enfin que les termes de l’accord fassent l’objet d’un protocole d’accord écrit, ainsi que l’exigent les statuts du parti (article 85 et 86). En contrepartie, le PRD a consenti à ne pas revendiquer le leadership du nouveau parti. Mais jusqu’au jour de la suspension, nous avons eu comme l’impression que nos partenaires nous mènent en bateau alors que les militants nous attendent de pieds fermes sur ces promesses. Face à ce dilemme, le choix a été fait même s’il est difficile, il est nécessaire et salutaire. Car participer à la création d’un parti sur la base de malentendus, serait suicidaire. C’est ça la vérité. Pourquoi ne pas accuser les autres pour n’avoir pas respecté leurs paroles au lieu de jeter de l’opprobre sur le PRD ?

Le Prd existe-t-il encore après le congrès extraordinaire ou non ?

(Rires)..Comment peut on croire que le PRD n’existe plus après son dernier congrès extraordinaire à Avrankou. Je vous prie de parcourir à nouveau les résolutions dudit congrès. Il est dit que la fusion est irréversible et ceci, en respect aux exigences du PRD cités plus haut. Jusqu’à l’heure où on parle, le Bloc républicain au sein duquel le PRD entend fusionner n’existe pas encore. Et pour signer la fusion, il va falloir exister. C’est comme si vous faites les formalités utiles pour vous marier avec quelqu’un et vous apprenez que votre partenaire a un foyer parallèle. Allez vous continuer de rester avec lui parce que vous avez rempli des formalités ? Je ne pense pas.

Quel est le nouveau chantier après la suspension ? Le défi peut-il être relevé vu le délai qui est court ?

Je ne saurai dévoiler notre stratégie ici. Ce qui est sûr, le PRD ira aux élections législatives de 2019 avec son parti et son logo. Dans le communiqué du PRD signé en date du 29 novembre 2018 par le Secrétaire Général, le débat est clos. Le Chef de l’État est informé et il nous revient de travailler d’arrache pieds pour resserrer nos rangs et montrer au Président Patrice Talon que le PRD reste son meilleur allié politique.

Propos recueillis par : Hermann OBINTI

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