Bénin/Affaire CAMES : Les concernés attendent toujours la notification de la décision

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Plus rien n’arrête le désir de détruire sous nos tropiques. Le secret de délibération encore moins l’interdiction de recel de documents administratifs, n’échappent à cette anomie. Le béninois est capable de braver toutes les valeurs morales quand il est décidé à nuire à autrui. Mais la certitude est faite autour de l’évidence selon laquelle, le CAMES n’a jusqu’à l’heure, n’a pas notifié aux intéressés la décision en question.

Par : Adéyêmi Eyitayo

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Pourtant, les réseaux sociaux s’enflamment, les esprits s’agitent et les Béninois enclins à souhaiter le malheur à leurs compatriotes, se délectent. Le CAMES n’a jusque-là pas encore fait savoir officiellement aux élites du droit africain, les raisons de la fameuse décision que brandissent comme un trophée, « les intellectuels » vouée à cette cause. Et pourtant, tous ceux qui distillent ces informations connaissent assez bien la procédure du CAMES. Ils savent très bien qu’aucune décision ne peut être prise sans une procédure régulière de communication de pièces entre parties en présence. Ils savent que la procédure du CAMES telle que décrite par le code d’éthique et de déontologie, est empreinte du sceau du contradictoire et du respect des droits de la défense. Au grand jamais, il ne saurait exister de décision définitive sans que cette forme de confrontation des documents et des parties concernées, ne soient épuisée. Aujourd’hui, le constat a révélé que ces « intellectuels » qui intoxiquent l’opinion, se laissent à des errements alors qu’ils savent bien qu’aucune décision ne saurait être définitive sans ce formalisme élémentaire. Comment peuvent-ils par soif de bassesse manquer d’oser la retenue ? À toutes fins utiles, il sied de rappeler à la mémoire collective, qu’aux premières heures de la crise et au regard de l’allure que prenaient les choses au niveau du CAMES, les personnes soupçonnées ont pris très tôt leur responsabilité en intentant une procédure pénale devant le tribunal de Cotonou.

Devant la justice pour défendre l’honneur

Au total, quatre procédures pénales ont été engagées par les professeurs Noël Gbaguidi actuel président du Conseil national de l’éducation (CNE) et par les professeurs Ibrahim Salami et Dodzi Kokoroko au Tribunal de Première Instance (TPI) de Cotonou. La raison de cette démarche est de faire dire le droit dans ce dossier qui va au-delà de la simple sphère intellectuelle. Les faits en cause ici ainsi que les agissements de certaines personnes interpellent le droit dans toutes ses dimensions. Et si en plus de tout ceci la dignité et l’honorabilité sont touchées et même saccagées, il y a des motifs justes de saisir les praticiens qui pourront en toute sérénité séparer le bon grain de l’ivraie et rendre une décision assez sereine, loin des bruits et confusion de la cité.

Le secret des délibérations violé au CAMES

À la date d’aujourd’hui, il est clair que tout est en train d’être fait pour que plus rien ne reste de la dignité et de l’honorabilité des personnes en cause. Pourtant le Secrétaire Général du CAMES dans son interview sur une télévision privée de la place, n’a cité aucun nom. L’homme a seulement parlé des sanctions, sans pour autant dire lesquelles s’appliquent à qui.

Sans même s’aventurer sur le fond du dossier, des personnes peut-être de bonne foi, ont fait relayer systématiquement des documents pourtant confidentiels à travers la presse et les réseaux sociaux, sûrement pour pousser le bouchon de la bassesse à un niveau élevé. Des hommes des médias certainement de bonne foi, ont dans leur désir d’informer, enfreint au principe de violation du secret de délibération, car le document en question n’a pas encore franchi toutes les étapes avant de tomber dans le public. Elle n’a même pas encore été soumis au principe élémentaire du contradictoire.

À ce jour, aucune notification n’est faite aux intéressés et pourtant ils ont déjà été condamnés dans la presse grâce à une violation massive du secret des délibérations. Mieux, à l’étape actuelle des choses, nul ne peut envisager l’issue de cette malheureuse bataille de l’intelligentsia béninoise car le dossier est pendant devant les juridictions pénales. L’issue est encore loin mais l’opinion a déjà donné sa fatwa contre les concernés. La leçon qu’il convient de tirer de cette « messe de dénigrement » est que lorsque certains sont engagés à détruire, ils oublient l’image même de leur pays. En définitive, on retiendra que plus qu’aux concernés, c’est au Bénin entier que les commanditaires font du mal. Ils l’ignorent peut-être.

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