Bénin : Propositions de Paul Mohamed Tossa sur le parrainage et le processus électoral

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Par : Chafick FAGBÉMI
Le candidat Paul Mohamed Tossa ne compte pas rester silencieux sur le processus électoral actuellement en cours au Bénin. Dans un communiqué dont nous avons copie, ce médecin épidémiologiste, candidat pour les prochaines élections présidentielles, mais dont la Cena n’a pas retenue la candidature pour différentes raisons, a dénoncé un certains nombre d’irrégularités concernant le processus. Paul Mohamed Tossa a aussi fait certains propositions que nous vous invitons à découvrir.
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Chers militants
Mes chers compatriotes
Notre pays le Bénin continue de traîner les conséquences de mauvais choix opérés depuis quelques années. Face au pouvoir de la rupture, on a l’impression soit d’être des  citoyens n’aimant ce pays, soit d’être les êtres les plus idiots qui existent pour ne pas comprendre ; puisqu’eux seuls ont la solution miracle pour sauver le Bénin. Je commence par là parce que j’ai d’abord envie de m’adresser à cette catégorie de personnes, des têtes bien pensantes, qui reconnaissent que des limites inacceptables existent, mais cautionnent ce qui se passe sous prétexte que le Bénin a besoin d’une thérapie de choc. Comment peuvent-ils savoir que le changement de régime ne serait pas plus bénéfique pour le peuple (pas pour des clans) ?
On m’a souvent demandé de me positionner en tant qu’acteur de la mouvance ou de l’opposition. J’ai toujours répondu, et ce depuis plusieurs années, que pour moi, c’est une guerre de clans (pour ne pas dire une guerre entre deux personnes) qui se joue entre la mouvance et l’opposition et que je n’avais pas ma place dans cette guerre. Et dans cette guerre, le peuple est pris en otage. Mais ce dont j’ai toujours été persuadé, c’est qu’il y a énormément de personnes dans ce Bénin capables de faire mieux que l’actuel régime, et ceci dans un climat plus apaisé.
Le processus électoral en cours montre à suffisance comment le peuple est pris en otage dans cette guerre de clans. Des voix se sont élevées depuis l’annonce des résultats par la CENA des duos retenus pour participer au prochain scrutin présidentiel dans notre pays. Ces voix ont dénoncé le processus, d’autres l’ont défendu. Je le dénonce aussi. N’en déplaisent aux élus qui se sont prononcés pour répondre à l’opposition, prétextant qu’elle n’est pas allée demander les signatures. J’ai aussi fait le mercato du parrainage et j’ai compris très tôt que cela ne servait à rien d’aller plus loin. J’ai eu des promesses fermes qui se sont envolées parce qu’on m’avait dit de passer par un parti politique en règle. Mais curieusement, des individus sans parti politique ont eu leur parrainage. Et pourtant, j’ai entendu l’Honorable Orden ALLADATIN sur BENIN REPORTER MONDE nous parler de l’esprit de la réforme. Si je prends acte que notre organisation n’est pas un parti politique dûment constitué, j’aimerais que l’Honorable ALLADATIN me dise dans quel esprit des individus sans parti ont reçu le parrainage. Pourquoi ne pas respecter simplement la loi qui demande juste que les candidats soient parrainés par des élus ? Ou alors, il aurait fallu modifier cette loi et y rajouter une clause relative au parti politique. Changer les règles du jeu en cours de jeu n’est pas digne d’une vraie démocratie.
Je me fais le porte-voix de ces candidats malheureux dont personne ne parle comme s’ils ne comptaient pas. D’où j’ai commencé par parler de prise en otage d’une partie de la population. Le débat s’est focalisé autour de la mouvance et de l’opposition comme si derrière les autres candidats, il n’y avait pas une partie de la population qui a été également lésée. On nous parle de « candidature sérieuse ». Quelle est la définition de la « candidature sérieuse » ? Encore une guerre de clans dans laquelle une partie de la population perd des plumes mais tout le monde s’en fout. Pourquoi obliger cette partie de la population à choisir entre mouvance et opposition alors qu’elle ne s’y retrouve pas ?
Dans l’esprit de la réforme, si le gouvernement avait été de bonne foi, il aurait rendu le parrainage populaire et demander au peuple de parrainer les candidats. Nous aurions eu de cette façon de vrais représentants du peuple qui seul est souverain. Cela s’est fait dans certains pays de la sous-région afin de décrisper l’atmosphère et favoriser la paix.
Par ailleurs, tout le débat s’est cristallisé sur le parrainage, mais une autre anomalie dont personne ne parle et dont la justification m’échappe est le colistier. Si l’esprit de la réforme est d’avoir des regroupements politiques forts, en quoi le poste de vice-président contribue à cet esprit. Cette mesure a favorisé des alliances « impossibles » dans le seul objectif de déposer son dossier. J’attends de la part des initiateurs de cette mesure, de la pédagogie pour expliquer au peuple son bien-fondé. Des lois taillées sur mesure ne prennent pas en compte l’intérêt général et il est urgent de revenir aux mesures qui vont dans le sens de l’intérêt général.
J’invite tous les responsables politiques à tous les niveaux à aller discuter avec ce peuple, à écouter les aspirations de ce peuple. Le peuple s’exprime et ne demande qu’une chose, c’est de sortir de cette guerre entre les enfants de ce pays et il ne sert à rien de cristalliser les positions. Nous ne gagnerons rien en étant autant divisés.
Mais dans l’immédiat, pensons à redorer très rapidement le blason de notre démocratie qui est véritablement tombée bas. Cela passe par l’organisation d’une élection présidentielle inclusive et sans imposer aux candidats un colistier. Si le régime tient à garder l’esprit de la loi, qu’il fasse parrainer les candidats, au moins cette fois-ci, par les électeurs et sur l’ensemble du Territoire. Chaque duo sera appelé à obtenir un nombre minimal de signatures d’électeurs par commune. Quand toutes les factions politiques de notre pays seront représentées à l’Assemblée nationale et auront des Maires, nous réétudierons la possibilité du parrainage par les Elus. Autrement, il faudra libérer simplement le parrainage et permettre VERITABLEMENT aux Elus de parrainer les candidats de leur choix. Des voix se sont élevées en leur propre sein pour dénoncer cette absence de liberté. IL y va la sauvegarde de la paix sociale. Dans tous les cas, le calendrier électoral doit être revu afin de permettre que ces conditions minimales pour une élection inclusive soient remplies. Les béninois sont capables du beau et je ne pense pas que les textes actuels votés nous ressemblent. Je suis convaincu que le Bénin est mâture et que ses fils savent ce qu’ils veulent.
Vive le Bénin
Vive la démocratie
Vive #MPT
Je vous remercie
Mohamed Paul TOSSA
Président MPT

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