Bénin/Gestion de la Fermeture des frontières Bénino-Nigériane : Le parti FCDB fait 14 propositions concrètes au gouvernement Talon

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Par : Is-Deen O. TIDJANI (D.O.T)

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Contrairement aux autres partis se réclamant de l’opposition au Bénin, le parti Force Cauri pour le Développement du Bénin (FCDB) du Professeur Soumanou Séibou Toléba n’est pas insensible à la mesure de fermeture de la frontière Bénino-Nigériane, par les autorités du grand voisin de l’Est : le Nigéria. Loin de se lancer dans des interprétations sans fondements, ce parti qui reste toujours fidèle à l’idéologie de construction d’un Bénin prospère pour toutes ses filles et pour tous ses fils, vient de faire plusieurs propositions concrètes pour aider le gouvernement du Président Talon à trouver une solution idoine à cette situation délicate. Dans une adresse en date de ce mardi 10 Septembre 2019 portant la mention : « Contribution du Parti d’opposition constructive Force Cauri pour le Développement du Bénin (FCDB) suite à la mesure de fermeture des frontières bénino-nigérianes par la République Fédérale du Nigéria » et dont BOULEVARD DES INFOS a l’exclusivité, le Professeur Soumanou Séibou Toléba, Président du FCDB, a fait 14 propositions au gouvernement du Président Talon afin de l’aider à saisir l’ultime occasion que constitue cette fermeture des frontières, pour conjurer définitivement l’impact que cette situation a sur le pays. Pour l’universitaire Soumanou Toléba, la situation actuelle appel à un sursaut patriotique. « …Une telle situation recommande un sursaut patriotique. Personne ne peut et ne doit s’en réjouir. Qu’on soit acteurs politiques de la mouvance ou de l’opposition, le sujet est d’intérêt national et dépasse les simples incompréhensions politiciennes du moment. Car c’est de la nation qu’il s’agit… Personne ne doit donc se désintéresser encore moins s’émerveiller de cette situation qui nous concerne tous et nous touche sévèrement dans notre quotidien et dans nos environnements immédiats. Aucune exploitation politique encore moins politicienne n’est donc requise ! Quand un pays et un peuple sont en difficultés objectives, tous les fils et les filles doivent se sentir concernés et unir leurs efforts pour y trouver les solutions les plus appropriées. C’est un minimum de bon sens qui ne doit souffrir d’aucune remise en cause. C’est ce qui s’observe toujours dans les grands pays. », a-t-il martelé. Et c’est pour cela que tout en énumérant 5 atouts majeurs dont dispose le gouvernement pour conjurer la fermeture des frontières Bénino-Nigériane, le parti FCDB fait 14 autres propositions au Président Patrice Talon afin que le Bénin sorte grandi de cette situation. Lisez plutôt.

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Contribution du Parti d’opposition constructive Force Cauri pour le Développement du Bénin (FCDB) suite à la mesure de fermeture des frontières bénino-nigérianes par la République Fédérale du Nigéria

La situation actuelle qui semble critique constitue à n’en point douter une grande opportunité pour la relance économique de notre Pays. Il n’est plus à démontrer à personne, l’importance des flux d’échanges commerciaux entre le Bénin et le grand voisin de l’Est : le Nigéria.

Ainsi, même si le Niger, le Cameroun et le Tchad sont concernés par la mesure unilatérale du Nigéria le 19 août 2019 de fermeture de ses frontières terrestres et maritimes aux voisins frontaliers de 29 de ses États, il n’est pas exagéré de dire que le Bénin vit actuellement une situation frontalière spécifique pas simple avec son grand voisin de l’Est. Les principales raisons officielles sont connues. Une telle mesure entraine toujours des répercussions difficiles et sont des moments de grandes préoccupations pour tout Chef d’État. La fermeture durable des frontières nigérianes a des conséquences négatives de court terme et des conséquences positives de moyen et long termes sur le Bénin au double plan économique et social. Les conséquences négatives sont généralement immédiates et portent même sur le très court terme. Elles sont relatives aux ressources financières que tirent les acteurs économiques de leurs transactions physiques, en particulier sur la consommation courante et par ricochet sur la production nationale. Les difficultés que ces conséquences entraînent influent avant tout sur le petit commerce des modestes gens ou non. C’est déjà ce que vivent nos concitoyens. Les ressources financières qu’ils tiraient du petit commerce se sont effondrées entraînant une précarité accrue de la vie sociale. Qu’il s’agisse du commerce des denrées alimentaires périssables ou de celui des produits pétroliers et autres. Une telle situation recommande un sursaut patriotique. Personne ne peut et ne doit s’en réjouir. Qu’on soit acteurs politiques de la mouvance ou de l’opposition, le sujet est d’intérêt national et dépasse les simples incompréhensions politiciennes du moment. Car c’est de la nation qu’il s’agit. Et en particulier de nos sœurs des marchés, de nos frères habitués à commercer avec le Nigéria. Personne ne doit donc se désintéresser encore moins s’émerveiller de cette situation qui nous concerne tous et nous touche sévèrement dans notre quotidien et dans nos environnements immédiats. Aucune exploitation politique encore moins politicienne n’est donc requise ! Quand un pays et un peuple sont en difficultés objectives, tous les fils et les filles doivent se sentir concernés et unir leurs efforts pour y trouver les solutions les plus appropriées. C’est un minimum de bon sens qui ne doit souffrir d’aucune remise en cause. C’est ce qui s’observe toujours dans les grands pays.
Aucun pays ne sort indemne d’une politique de protectionnisme.

L’histoire du monde confirme à suffisance qu’à long terme, cette mesure économique n’a jamais servi l’État qui en prend l’initiative, quelle que soit la petitesse de celui contre qui la mesure est appliquée. Mieux, la politique globale d’intégration mise en œuvre par les États a instauré un certain nombre d’habitudes qui ont contribué, sur la durée, à souder les liens entre les compatriotes des États et instauré d’autres niveaux de collaboration et de solidarité qui dépassent le cadre officiel des relations bilatérales. Donc, ce sont des histoires qui se construisent, des habitudes qui s’instaurent entre non plus des pays au sens formels mais des peuples. Au-delà de l’aspect économique pur qui est visible et dont les conséquences ne seront pas ressenties par le seul Bénin, il y a également la fracture sociale, cette rupture que la mesure nigériane crée déjà entre les peuples frères des deux pays. En effet, le Bénin est un véritable nid d’affaires pour certains compatriotes du Nigéria dont la floraison des activités permet à leur pays de renforcer ses réserves de changes en devises monétaires, l’euro notamment, grâce à la convertibilité paritaire fixe de cette monnaie avec le franc CFA. Le Bénin est aussi un pays de transit vers d’autres pays de la sous-région, qui souffrent déjà et souffriront davantage de la mesure nigériane.

Signalons néanmoins que la menace du Nigéria ne date pas d’aujourd’hui. Depuis longtemps, le pays a toujours prévenu les Présidents successifs du Bénin de prendre leur responsabilité en établissant plus une économie de production de biens qu’une économie de transit. Puisque rien n’est fait de façon durable dans ce sens par les différents régimes qui se sont succédés, on peut soutenir que la responsabilité est collective. Cependant, ce qui importe aujourd’hui, c’est de réfléchir sur les actions durables à entreprendre pour réformer le système national de production de richesses en vue d’assurer le développement économique du pays. Le Bénin a ce qu’il faut à cet effet.

Il est heureux de noter que le Gouvernement du Bénin œuvre depuis un moment à faire une lutte méritoire pour assainir les finances publiques. Ce travail de fond est nécessaire. Il permettra de limiter les fuites de capitaux et de disposer de ressources utiles pour gérer les situations conjoncturelles et entrevoir des mesures de politiques économiques durables. Cet effort entrepris par le Gouvernement est nécessaire mais elle reste insuffisante au regard du niveau de ressources dont le pays a besoin pour amorcer les grandes actions de son développement. Certes, il faudra poursuivre le travail d’assainissement mais surtout, il faut trouver d’autres sources de financement pour stimuler et renforcer la croissance. À cet effet, pour favoriser la production nationale, des mesures de renforcement de la consommation sont indispensables. C’est le défi que le Gouvernement gagnerait à relever.

La mise en service des générateurs d’énergie à Maria Gleta est très salutaire. Des initiatives privées de production de richesses devront maintenant être encouragées par le Gouvernement pour amplifier la création de la richesse nationale. Par exemple, des initiatives de transformation et de valorisation des denrées alimentaires périssables et autres.

La réforme du système éducatif national est maintenant incontournable. Il doit viser à obtenir au bout du rouleau des béninois qui réfléchissent à résoudre les problèmes plutôt qu’à en créer. Le modèle actuel doit être revu et adapté aux défis du moment pour que les générations futures soient de vrais artisans au service de leur pays, des acteurs qui réfléchissent à résoudre les problèmes de la nation plutôt que d’en créer. Nous n’avons plus d’autre choix désormais !

C’est le lieu et le moment de saluer les actions actuellement menées ou à mener par le Gouvernement pour atténuer les effets de la mesure sur l’économie béninoise et par ricochet sur les citoyens. Ainsi, le Parti FCDB salue les efforts du Chef de l’Etat à trouver une solution rapide à la situation née de la fermeture des frontières nigérianes. Ces efforts se résument entre autres à la rencontre avec le Président M. BUHARI au Japon et à la rencontre mi-septembre 2019 à Ouagadougou des Chefs d’Etats du Nigéria, du Bénin, du Niger dans la capitale Burkinabè. Cette rencontre permettra de trouver certainement une porte de sortie pour la réouverture des frontières nigérianes dont la fermeture perturbe énormément la libre circulation des personnes, des biens et des services affectant ainsi l’économie de la sous-région et la qualité de vie des populations de ces différents pays.

Plusieurs atouts sont donc à l’actif du Gouvernement actuel pour compléter le paquet de solutions durables face à la situation de fermeture des frontières nigérianes

Il s’agit entre autres de :

1- La mise en service récente de la centrale électrique de Maria Gléta 2 d’une capacité de 127 MW ;

2- la phase active de l’asphaltage de plusieurs artères de l’ensemble du pays dont le bitumage des routes reliant plusieurs communes, le bitumage du boulevard de la marina et la prise en compte de la réhabilitation de plusieurs pistes rurales pour l’évacuation des productions agricoles récoltées ;

3- du renforcement des services de micro-crédits mobiles à 20.000 personnes ;

4- du renforcement du capital humain par la mise en œuvre dans sa phase active du projet ARCH (Assurance pour le Renforcement du Capital Humain) qui impactera plus de 200.000 personnes ;

5- de l’offensive diplomatique accrue ces derniers mois pour la recherche de nouveaux financements et l’affermissement des relations de bon voisinage.

Au demeurant, le Parti Force Cauri pour le Développement du Bénin (FCDB) formule les propositions suivantes pour mieux gérer durablement les conséquences de la mesure du Nigéria en ce qui concerne la fermeture des frontières et pour permettre au Bénin de saisir cette situation pour mettre mieux au travail la main d’œuvre locale. Il s’agit de :

1. favoriser la production nationale pour amplifier la création de la richesse nationale ;

2. produire pour l’autosuffisance alimentaire et pour l’exportation en direction des nouveaux marchés sans oublier les anciens ;

3. encourager les initiatives privées de production de richesses par la création des banques d’investissement pour accompagner les idées de projets des jeunes et des femmes du pays ;

4. multiplier les initiatives de transformation et de valorisation des denrées alimentaires périssables (tomates, ananas, mangues etc…) et non périssables pour la consommation locale et l’exportation vers de nouveaux marchés ;

5. poursuivre et accélérer la diversification de la production agricole ;

6. mettre en valeur des vallées de l’Ouémé et du Mono ;

7. encourager le secteur privé à investir dans l’érection des unités de productions pour la transformation des produits locaux dans le sens de la création d’emplois, la maitrise et le transfert de technologie dans plusieurs domaines ;

8. redéfinir une politique douanière de long terme plus attractive pour l’augmentation des échanges avec les pays de l’hinterland afin de combler le manque à gagner ;

9. ré-conceptualiser le modèle actuel du système éducatif national et l’adapter aux défis du moment et de demain pour que les générations actuelles et futures soient de vrais artisans au service de leur pays, de la sous-région puis de l’Afrique toute entière ;

10. organiser une table ronde inclusive (politique et économique) afin de définir et de renforcer les stratégies nationales pour gérer la situation actuelle aux fins de maitriser les conséquences engendrées ;

11. éviter à tout prix par la diplomatie, la perturbation de la libre circulation des personnes, des biens et des services entre le Bénin et le Nigéria et revoir au besoin les différents accords (UMEOA, CEDEAO) dans l’intérêt de l’intégration régionale au triple plan politique, économique et sécuritaire ;

12. encourager les initiatives porteuses de l’Etat central, celles des entrepreneurs locaux individuels ou organisés puis des investisseurs étrangers ;

13. mettre tout en œuvre pour maintenir les relations de bon voisinage entre les populations frontalières et les deux pays (Bénin-Nigéria).

14. créer une cellule nationale de veille stratégique dont le rôle consistera à suivre et à analyser les reformes des pays voisins afin de déceler et contrer très tôt les conséquences potentielles sur le Bénin et éviter la baisse des recettes nationales (celles de l’Etat et celles des populations).

Abomey-calavi, le 10 septembre 2019

S. TOLEBA S.
Président de Force Cauri pour le Développement du Bénin

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